Le réveil a été brutal pour les habitants de la commune montagneuse de Mont-Ngafula ce vendredi 20 février 2026. Dès les premières heures de la matinée, des averses d’une intensité rare ont balayé Kinshasa, frappant de plein fouet le quartier Tshibanda et le plateau des professeurs.
Dans ces zones où la terre est particulièrement meuble, l’érosion a repris ses droits, emportant sur son passage murs et fondations.
Sur l’avenue Mbange, dans la localité de Cogelos, le spectacle est désolant. Dans un silence pesant, des volontaires s’activent pour extraire des décombres ce qui peut encore l’être : meubles brisés et appareils électroménagers enfouis sous le sable. Ici, deux maisons d’habitation ont vu leurs murs s’écrouler après que les eaux de pluie, débordant de caniveaux récemment construits, ont littéralement creusé le sol sous leurs fondations.
Un débit « jamais vu »
Témoin et victime de ce sinistre, Maître Bilal, résident du quartier depuis 2007, ne cache pas sa stupeur. Réveillé dès 5 heures du matin pour tenter de protéger sa famille, il décrit une pression hydraulique sans précédent en provenance du plateau des professeurs. « J’ai réveillé toute ma famille et nous sommes sortis. Moi-même j’ai vu comment l’eau entrait dans la parcelle avec une vitesse jamais vue », confie-t-il à nos confrères d’ACTUALITÉ.CD. Sa femme, qui dormait encore au début de l’intempérie, a frôlé le pire : elle a dû sauter de son lit de justesse avant que la chambre ne soit envahie par le sable et les eaux.
La gestion des chantiers en question
Au-delà de la fatalité météorologique, la colère gronde parmi les sinistrés. Maître Bilal, tout comme son voisin Guelord, pointe la responsabilité d’une entreprise chinoise chargée de la construction d’une route au plateau des professeurs. Selon les résidents, les travaux seraient mal exécutés, favorisant la convergence des eaux de différents carrefours vers les zones résidentielles, créant ainsi de véritables « lacs » artificiels et des têtes d’érosion dévastatrices.
« On doit non seulement faire des travaux, on doit également intensifier les suivis, parce que le mois d’avril arrive », prévient Guelord, fustigeant la lenteur de l’exécution du chantier malgré les moyens déboursés par le gouvernement.
L’urgence est désormais de mise. Avec des fondations à nu et des sols fragilisés, les habitants craignent qu’une nouvelle averse ne provoque l’effondrement total des habitations restantes. À Mont-Ngafula, la résilience des populations est une nouvelle fois mise à rude épreuve par une urbanisation défaillante et des infrastructures inadaptées.
Tenplar Ngwadi
