Frantz Fanon aurait eu 100 ans. Né en Martinique le 20 juillet 1925, il fut psychiatre, militant, écrivain et penseur de la décolonisation. Engagé dans les Forces françaises libres en 1943, il se forme à la psychiatrie institutionnelle et à la lutte anticoloniale en Algérie.
Auteur de plusieurs ouvrages, de Peau noire, masques blancs aux Damnés de la Terre, il n’a cessé d’analyser les mécanismes de la domination, en liant racisme, colonisation, santé mentale et aliénation économique. Dans un contexte où les études postcoloniales peinent encore à trouver leur place en France, que reste-t-il de la pensée fanonienne ?
Le 6 décembre 1961, Frantz Fanon décédait à l’âge de 36 ans. Psychiatre, penseur et militant anticolonialiste, il laisse derrière lui un héritage sans frontières.
Frantz Fanon est né à Fort-de-France le 20 juillet 1925, il a fréquenté le lycée Victor Schœlcher, il aura comme professeur Aimé Césaire, déjà engagé politiquement à l’extrême gauche et partisan de l’indépendance.
Se sentant à cette époque tout à fait français, et c’est sans réticence ni ambiguïté qu’il s’engage en 1943 dans les forces françaises libres sous la direction du général de Gaulle pour défendre la « patrie française ».
Puis étudiant en médecine à Lyon, il prend, en 1953, un poste de psychiatre à l’hôpital de Blida, en Algérie.
Il a affirmé que plusieurs troubles sont les résultats des traumatismes coloniaux d’autrefois. Dans ces études, se trouve la « justification » des troubles mentaux, physiques et sexuels qui seraient causés par la violence coloniale.
En rédigeant Peau noire, masques blancs, il dénonce le racisme et de la colonisation , ce livre est mal perçu à sa publication en 1952.
Pour Fanon, la colonisation entraîne une dépersonnalisation, qui fait de l’homme colonisé un être « infantilisé, opprimé, rejeté, déshumanisé, acculturé, aliéné », propre à être pris en charge par l’autorité colonisatrice.
Pendant la guerre d’Algérie en 1954, il s’engage auprès de la résistance nationaliste algérienne et remet sa démission de médecin-chef, il sera expulsé d’Algérie en janvier 1957.
Il abandonne la nationalité française et se définit comme Algérien. Il rejoint le FLN à Tunis, il se fait établir un vrai faux-passeport tunisien , il fait partie de la délégation algérienne au congrès panafricain d’Accra.
Atteint d’une leucémie, il se fait soigner à Moscou, puis, en octobre 1961, à Bethesda près de Washington, où il meurt le 6 décembre 1961 à l’âge de 36 ans, quelques mois avant l’indépendance algérienne, sous le nom d’Ibrahim Omar Fanon, il sera inhumé en Algérie.
Jean- Claude Mombong Mass
