Jugé à Paris pour complicité de crimes contre l’humanité, Roger Lumbala a récusé ses avocats dès le premier jour, mercredi, et prévenu d’emblée qu’il n’assisterait plus à son procès devant la cour d’assises, estimant la justice française illégitime.
« La France n’est pas compétente pour me juger, vous allez me juger tout seuls », a déclaré l’accusé de 67 ans, sous le regard de ses avocats qu’il a récusés dès ce premier jour d’audience. « Condamnez-moi comme vous le souhaitez », a-t-il ajouté, évoquant « un braquage judiciaire ».
Roger Lumbala, ancien dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie-national (RCD-N), est poursuivi en France pour complicité présumée de crimes contre l’humanité, commis entre 2002 et 2003 dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé.
Pour son avocat , Me Phongo, cette procédure est juridiquement contestable. Il a affirmé :
« La Cour d’assises de Paris n’a pas qualité pour juger Roger Lumbala. La République démocratique du Congo a déjà ouvert une procédure judiciaire à son encontre et formulé à deux reprises une demande d’extradition restée sans suite. La France devrait donc extrader M. Lumbala pour qu’il soit jugé devant les juridictions compétentes de son pays ».
Moïse Monidella, président du comité de soutien, a dénoncé pour sa part, ce qu’il considère comme une atteinte à la souveraineté nationale :
« Ce n’est pas Roger Lumbala qu’on juge en France, c’est la RDC. Sommes-nous incapables de juger nos propres citoyens pour des faits commis sur notre territoire ? », s’est-il interrogé.
La Gazette du Continent
