La Cour militaire de Kinshasa-Gombe a tenu, jeudi 12 mars 2026, une audience foraine à la Prison militaire de Ndolo dans le procès opposant le ministère public et cinq parties civiles à Philémon Mambabwa Zebo, administrateur principal et chef du département d’appui à l’Agence nationale de renseignements (ANR).
Le prévenu comparaît aux côtés de deux policiers, ses gardes du corps. Tous trois sont poursuivis notamment pour torture et incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
Au début de l’audience, le premier président de la Cour a annoncé le renvoi de l’affaire au lundi 16 mars 2026, sans préciser les raisons du report, se limitant à indiquer que les conditions ne permettaient pas de poursuivre les débats ce jour-là. Les prévenus ont par ailleurs contesté la compétence de la juridiction militaire pour connaître de leur dossier.
Marie-Ange Mushobekwa salue la Cour mais exprime des inquiétudes
Sur son compte X, Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et mère de deux victimes dans ce dossier, a reconnu le travail de la Cour militaire et du ministère public.
« Je reconnais que la Cour militaire de Kinshasa-Gombe fait son travail avec rigueur et impartialité. Elle nous traite tous avec respect et équité. Le ministère public joue également bien son rôle. Je ne m’en plains pas », a-t-elle écrit. Cependant, l’ancienne ministre affirme rester préoccupée par ce qu’elle qualifie de « protection » dont bénéficierait le prévenu, évoquant l’existence d’une “main noire” et d’un trafic d’influence.
Accusations de traitement privilégié
Selon le témoignage publié par Marie-Ange Mushobekwa, les parties civiles – notamment Alisa Ntabaza, mère de l’une des victimes – seraient arrivées à la prison militaire vers 9 heures, heure fixée pour l’ouverture de l’audience. Elles affirment avoir attendu près de deux heures et demie sous le préau, alors que des collaborateurs du prévenu, présentés comme membres de son protocole et conseillers, auraient été accueillis dans un espace distinct et introduits dans la salle d’audience par une autre entrée, sans contrôle préalable.
Les parties civiles dénoncent également des fouilles corporelles jugées humiliantes à leur arrivée à la prison militaire.
Inquiétudes sur l’environnement du procès
Dans son message, Marie-Ange Mushobekwa estime que le fait que Philémon Mambabwa continue d’exercer ses fonctions pourrait influencer le comportement de certains agents administratifs. Elle déplore également que plusieurs médias évitent désormais de couvrir les audiences à la prison de Ndolo, évoquant une possible crainte pour la sécurité des journalistes.
Prochaine audience attendue
La reprise des débats dans cette affaire très suivie est prévue le lundi 16 mars 2026, toujours devant la Cour militaire de Kinshasa-Gombe siégeant à la prison militaire de Ndolo.
Zacharie Mikunga
