L’organisation de défense des droits humains JUSTICIA Asbl a exprimé de vives inquiétudes après la publication du communiqué officiel n°013/DMK/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du 3 mars 2026 du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, relatif à la « mise en œuvre des poursuites judiciaires relatives aux infractions numériques dans le respect des principes de légalité, de proportionnalité et des droits fondamentaux ».
Basée dans la ville de Lubumbashi en République Démocratique du Congo et engagée dans la promotion et la protection des droits de l’homme, du droit humanitaire et du développement, JUSTICIA Asbl dit avoir pris acte de cette communication officielle. Toutefois, par la voix de son président Timothée Mbuya, l’organisation estime qu’il s’agit d’« une tentative déguisée de restreindre les espaces de liberté d’expression et d’opinion », visant particulièrement les voix critiques et indépendantes.
Selon l’ONG, le durcissement de ton observé au sein du gouvernement intervient dans un contexte national particulièrement sensible, marqué par une crise politique et sécuritaire aux conséquences importantes pour la population congolaise. JUSTICIA Asbl considère que certaines prises de position publiques, notamment celles d’organisations de la société civile et de personnalités politiques opposées à un éventuel changement de la Constitution ou critiques de certaines institutions étatiques, seraient désormais dans le viseur de la justice et des services de sécurité.
L’organisation cite notamment les dénonciations formulées contre certains services de l’État, dont le Conseil national de la cyberdéfense, comme exemples de prises de parole susceptibles d’être interprétées comme des infractions numériques.
Pour JUSTICIA Asbl, la publication de ce communiqué ministériel, combinée aux mesures d’interdiction de manifestations publiques et de rassemblements populaires ainsi qu’aux restrictions des libertés d’expression et d’opinion, constitue « des signes qui ne trompent pas sur la volonté réelle des institutions du pays ».
L’ONG met en garde contre ce qu’elle qualifie d’atteintes inacceptables aux droits garantis par la Constitution et les lois de la République. Elle affirme qu’elle ne cautionnera « aucune démarche tendant à instaurer un pouvoir dictatorial » et appelle au respect strict des principes démocratiques et des libertés fondamentales.
Dans un climat déjà tendu, cette prise de position relance le débat sur l’équilibre entre la lutte contre les infractions numériques et la préservation des libertés publiques en République Démocratique du Congo.
La Gazette du Continent
