Incarcéré à la prison de la Santé depuis le 21 octobre 2025, les Africains dans leur ensemble, ont exprimé leur joie, et considèrent cette incarcération comme une forme de justice morale- karma-, pour des actions passées de l’ancien président Nicolas Sarkozy, comme le discours de Dakar en 2007 et l’assassinat de Kadhafi ou l’arrestation humiliante de Gbagbo.
Coutumier du dérapage et des inconvenances républicaines, la détestation des franco- africains à l’égard de Nicolas Sarkozy est lointaine.
Des provocations répétées,…. Racaille, Karchër, La France on l’aime ou on la quitte, l’intervention militaire en Côte d’Ivoire qui a provoqué l’arrestation humiliante de Laurent Gbagbo et l’assassinat de Mouammar Kadhafi ( deux symboles du front anti occidental ) , son discours révisionniste de Dakar selon lequel : » L’homme noir n’est pas assez dans l’histoire lui ont valu une haine sans précédent.
Sa collusion supposée avec les thèses du Front national devenu aujourd’hui RN ( Rassemblement national), ses transgressions répétées en matière d’immigration quand il était ministre de l’intérieur, la stigmatisation des immigrés, pointés du doigt à chaque révolte urbaine, la dénonciation sans cesse des assistés- des fraudeurs sociaux-, qui profitent de la France , ses liens avec des milieux d’affaires africains (Bolloré en Côte d’ivoire, Uranium au Niger, Ouattara,Francafrique)etc
« La boucémissairisation » des franco-africains responsables de tous les maux qui affligent la société française a amplifié cette haine.
87% d’africains noirs et maghrébins vouent une détestation à l’égard de Sarkozy, cette haine se manifeste en prison, il est menacé par des détenus maghrébins et noirs .
Il y a une sorte de congruence entre précarité et orientation politique chez les franco- africains .
L’orientation du vote des noirs en France ou les sympathies politiques s’expliquent par des déterminants sociaux, l’indicateur principal étant l’environnement socio-économique.
Peu insérés dans la société française, touchés par une insécurité socio- économique, leur choix politique est déterminé par leur statut social, confrontés au chômage, à une explosion des familles, à l’échec scolaire, la précarité touche principalement cette frange de la population.
Les jeunes des banlieues, frappés par un chômage massif, confrontés à une errance sociale et scolaire, victimes des discriminations, des contrôles aux faciès des policiers, se tournent vers des partis de gauche très proches de leurs préoccupations, ils ne supportaient pas la stigmatisation de Nicolas Sarkozy.
Des jeunes déstructurés, en perte de repères et d’autorité, (délinquance, trafic de drogue, incivilités,) n’adhéraient pas au discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy.
L’offre politique en matière de sécurité de la gauche est clémente à leurs yeux .
Ces bandes de quartier difficiles ne respectent plus l’autorité (police, contrôleur de bus, professeurs), dans leur territoire, voir même des pompiers qui viennent sauver des vies.
Ses discours récurrents anti- musulmans, son discours de Grenoble, dans lequel il promet à sa clientèle électorale la déchéance de la nationalité à tout français d’origine étrangère portant atteinte à la vie d’un policier ou un gendarme ont suscité des haines tenaces chez ces jeunes des banlieues.
La haine suscitant la haine, même les déboires de sa vie privée avec Cécilia avaient provoqué raillerie et moquerie chez les franco- africains, culturellement rétifs au divorce et aux infidélités, François Hollande dans une situation équivalente avec Ségolène Royal avait bénéficié de la compassion et de la commisération.
Jean-claude Mombong Mass
