À chacune de nos conversations , sa femme était prise d’une petite inquiétude. » Tu vas poser des questions sur son parcours professionnel, mais pas sur le reste, pas sur sa vie privée , on est d’accord ? ». Oui, furtive incompréhension, léger flottement entre Papa Noël et moi .
Les cheveux blanchis , la peau plissée, démarche chancelante, il philosophait sur sa mort, la condition physique ne suit plus « jusqu’à quand ? « , il me disait. L’âge évidemment est source de craintes, la vieillesse est un naufrage forcément , mais Papa Noël a bien vécu .
Qui était Antoine Nedule Monswet Papa Noël ?
Enfance tranquille et heureuse avec une mère aimante, il est coupé de son père qui a pris la tangente vers ses 2 ans , et cet abandon l’indiffère.
Il s’est initié à la guitare dès son enfance, grâce à la guitare jouée par un aîné du quartier qu’il entendait à travers les murs ( Daniel Lubelo), un ami de Grand Kallé.
Lui-même s’est adonné à l’apprentissage, tandis que sa mère lui a offert sa première guitare.
Il est « Mununu » , Bolobo par sa mère qui l’a élevé seul et d’un père congolais de brazza , un mulari qui l’a abandonné.
Surnommé » Petit Django », il a 14 ans lorsqu’il est recruté par Leon Bukasa , son maître d’où son surnom de Noël qui n’est autre le palindrome de Leon – le nom inversé -, contrairement à ce qui s’est dit, à savoir, qu’il s’appelle ainsi parce qu’il serait né un 25 décembre.
Il a grandi dans la maison familiale, dans la commune de Barumbu , rue Luvungi, à Kinshasa.
Il a été influencé par sa mère qui écoutait les chansons » salsa » de l’amérique latine, puis son passage à la paroisse Saint Paul comme choriste et enfant de chœur a joué aussi un rôle déterminant .
Il a fait ses premières armes en 1956 aux éditions Ngoma de l’éditeur grec Nico Jeronimidis. Il intègre en 1958, Rock-A-Mambo, après le départ de Tino Baroza. En 1959, il intègre l’orchestre Maquina Loca de Guy Léon Fylla, après le départ de Jean-Serge Essous et Saturnin qui sont partis créer » Les Bantous de la Capitale », 1957.
Il rejoint Jean- Serge Essous dans « Les Bantous de la Capitale « . En 1962, il effectue sa première tournée en Europe ( Bruxelles et Paris).
Il est au sommet de sa popularité, lorsqu’il quitte » Les Batous » , en 1963, pour venir au secours de Grand Kallé qui venait de perdre ses musiciens. Il intègre l’African Jazz avec Jeannot Bombenga et Vox Africa.
Il se sépare de Jeannot Bombenga et crée son propre orchestre » Bamboula », en 1967. Véritable pépinière de talents, il a formé beaucoup d’artistes : Pépé Kallé, Madilu, Bozi Boziana, Wuta Mayi, Decca, Ntesa , Etisomba etc. Mais , Il ne payait pas ses musiciens, il les perd tous , c’est la traversée du désert.
Il intègre l’OK Jazz de Luambo Makiadi , en 1984, sa discographie est impressionnante, sa chanson » Bon Samaritain « , est une œuvre indémodable que le temps qui passe n’arrive pas à altérer.
Ses rapports avec Luambo et Simaro vont se dégrader. En 1989 , il choisit la carrière solo en France.
Il meurt le 11 novembre 2024, en France, dans la région parisienne, à l’âge de 85 ans .
Jean- Claude Mombong Mass
