La province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan, a été le théâtre d’une escalade de violence sans précédent ce samedi 31 janvier. Une série d’attaques « coordonnées » menées par des groupes séparatistes a fait au moins 47 morts, dont dix membres des forces de sécurité et trente-sept rebelles, selon un bilan communiqué par des sources sécuritaires à l’AFP.
Cette offensive d’envergure intervient au lendemain d’une opération de l’armée pakistanaise au cours de laquelle 41 rebelles séparatistes avaient été tués dans cette même région, riche en minerais et en hydrocarbures mais marquée par une grande pauvreté.
Selon un haut responsable sécuritaire, les insurgés ont lancé des assauts sur plus de 12 sites différents dès le matin. Ces attaques, mêlant commandos armés et attentats-suicides, ont visé principalement des installations militaires et policières, notamment à Quetta, le chef-lieu provincial, ainsi que dans plusieurs autres localités.
L’Armée de libération du Baloutchistan (BLA), principal mouvement séparatiste de la province, a officiellement revendiqué l’opération dans un communiqué. Le groupe a affirmé avoir ciblé les forces de l’ordre et bloqué plusieurs autoroutes stratégiques afin d’entraver la riposte de l’armée.
Quetta, ville morte
Dans le chef-lieu provincial, l’impact des affrontements a été immédiat. Plusieurs explosions ont secoué la ville, poussant les commerces à fermer et les habitants à se terrer chez eux. « La police pointe ses armes et nous dit de rentrer chez nous », a témoigné un habitant, alors qu’un important dispositif de sécurité quadrillait des rues désertes.
Outre la paralysie du trafic routier, les liaisons ferroviaires ont été suspendues dans les zones touchées, et les services de téléphonie mobile ont subi d’importantes perturbations.
À Islamabad, le Premier ministre Shehbaz Sharif a apporté son soutien total aux forces armées dans leur « lutte déterminée pour défendre le pays ». De son côté, un haut responsable militaire a affirmé que ces attaques coordonnées avaient « échoué » grâce à une « réponse efficace des forces de sécurité », bien qu’il n’ait pas souhaité commenter le bilan humain de la journée.
Tenplar Ngwadi
