Le message est clair : la République démocratique du Congo (RDC) entend reprendre toute sa place au sein de la famille francophone. Ce jeudi 19 mars, lors d’une réception organisée à la Cité de l’Union africaine, le président Félix-Antoine Tshisekedi a présenté au Groupe des Ambassadeurs Francophones accrédités à Kinshasa la candidature de Madame Juliana Amato Lumumba à la fonction de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Ancienne ministre de la Culture et ex-Secrétaire générale de l’Union des Chambres Africaines de Commerce et d’Industrie, Juliana Lumumba dispose d’un profil mêlant expérience politique et expertise économique. Son cheval de bataille ? Une plateforme intitulée « Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve ».

Le projet de la candidate congolaise s’articule autour de piliers concrets visant à moderniser l’espace francophone. Parmi les axes majeurs présentés figurent :
- L’intégration économique comme moteur d’un co-développement équitable ;
- Le « Visa Francophone », destiné à faciliter la circulation des talents et des idées sans entraves administratives ;
- Un Pacte climatique francophone ;
- La valorisation des « langues sœurs » et la vitalité des rencontres interculturelles.
Pour appuyer cette candidature, Félix Tshisekedi a rappelé l’ancrage historique et le poids opérationnel de la RDC dans l’organisation.

Kinshasa a prouvé sa capacité de mobilisation à deux reprises : en 2012, en accueillant le XIVe Sommet de la Francophonie (70 chefs d’État et de gouvernement), et en 2023, lors des IXe Jeux de la Francophonie qui ont réuni près de 3 000 jeunes athlètes et artistes venus de plus de 40 pays.
Cependant, le chef de l’État congolais a insisté sur le fait que la Francophonie ne doit pas être un « espace d’indifférence ». Il a appelé à une « solidarité active » face aux crises sécuritaires, citant explicitement l’agression rwandaise dont est victime son pays. « Pour la RDC, cette exigence a un sens concret : celui de la défense de notre peuple et de notre intégrité territoriale », a-t-il martelé.

Cette offensive diplomatique intervient alors que le monde francophone célèbre ce 20 mars la thématique « Génération paix ? ». Un défi que la RDC souhaite relever en positionnant l’une des siennes à la tête de l’organisation d’ici le 20e Sommet de la Francophonie, prévu en novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge.
Tenplar Ngwadi
