Des échanges de tirs ont été signalés tôt dans la matinée du dimanche 26 octobre 2025 dans la localité de Kalangira, située dans le groupement de Luhongo, chefferie de Baswagha, territoire de Lubero au nord de la province du Nord-Kivu. Selon les premières informations recueillies sur place, l’incident aurait opposé un groupe de jeunes armés non identifiés à des éléments de l’AFC/M23 dans une zone dite tampon d’interposition contrôlée par l’UPDF, l’armée ougandaise.
Dans un communiqué officiel rendu public le même jour à Beni, le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Somo Kakule Evariste, a confirmé les affrontements, tout en précisant qu’ils ne sauraient être attribués aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), engagées à respecter le cessez-le-feu convenu entre Kinshasa et Kigali dans le cadre de l’Accord de Washington et de la Déclaration de Doha. D’après les conclusions de la réunion du Conseil provincial de sécurité tenue en urgence, les jeunes armés seraient intervenus pour tenter de libérer trois notables de leur communauté, arrêtés et détenus depuis cinq jours par des responsables de l’AFC/M23 dans la localité de Kisanga, non loin de Masereka.
Ces personnes, identifiées comme Mumbere Charles, Kakule Mulokya Block et Solo Manzu Bungwe, auraient été transférées de force à Kipese, où elles subiraient des actes de torture selon des sources locales citées dans le rapport des services de sécurité.
Le gouverneur militaire a instruit les services de défense et de sécurité de retrouver ces jeunes armés, les interpeller et les déférer devant la justice, les accusant d’avoir tiré sur une position de l’AFC/M23 et d’avoir agressé deux agents des forces de sécurité lors de leur repli. Il a également rappelé que tout acte de ce genre constitue une provocation susceptible de compromettre le processus de paix en cours dans la région.
« Les FARDC restent attachées à l’esprit du cessez-le-feu et ne tomberont pas dans le piège des provocations », a insisté le lieutenant Elongo Kyondwa Marc, porte-parole du gouverneur, dans le communiqué. Celui-ci a invité la population à garder son calme et à faire confiance aux autorités dans la gestion de la situation sécuritaire.
Cependant, l’autorité provinciale a dénoncé l’installation récente de deux nouvelles positions militaires de l’AFC/M23 dans la même zone tampon, précisément à Vuvatama et Kanyamitala, depuis le 15 octobre 2025.
Cette présence, selon lui, constitue une violation des lignes d’interposition et pourrait relancer les hostilités dans cette partie du territoire de Lubero.
La société civile locale, pour sa part, s’inquiète de cette recrudescence des tensions dans une région censée être sous contrôle des forces régionales et plaide pour une clarification urgente du statut des zones dites tampons, afin d’éviter tout chevauchement des responsabilités entre acteurs armés.
Pour l’heure, la coordination politique de l’AFC/M23 n’a paa encore réagi face à ces accusations. Le mouvement a par ailleurs dénoncé le weekend dernier lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Serena à Goma, ce qu’il appelle une tentative de manipulation de l’opinion par les autorités provinciales, réaffirmant son engagement au respect du cessez-le-feu et à la poursuite du dialogue sous la médiation du Qatar et des partenaires régionaux. Tout en mettant en garde de répliquer en cas de toute autre menace de l’Armée Congolaise.
Magloire Mutulwa pour La Gazette du Continent
