La perturbation majeure du réseau de télécommunications Vodacom Congo, survenue lundi 26 janvier 2026 à Goma, a fortement affecté les enseignants du Nord-Kivu, dont une large majorité dépend du service de paiement mobile M-Pesa pour percevoir leurs salaires. Cette situation ravive les inquiétudes dans un secteur déjà fragilisé par le contexte sécuritaire et économique de la région dont la fermeture des banques près d’une année.
Dans un communiqué officiel, Vodacom Congo a confirmé avoir été victime d’une intrusion dans son centre technique situé à Goma, entraînant une perte de supervision et de contrôle de son réseau. Les services de téléphonie, d’internet et de paiement mobile M-Pesa ont été interrompus dans plusieurs quartiers de la ville et ses environs. À la mi-journée du mardi 27 janvier, plusieurs abonnés demeuraient encore injoignables.
Pour les enseignants, cette coupure a des conséquences immédiates. Selon des responsables syndicaux du secteur éducatif, la majorité des salaires des enseignants des écoles primaires et secondaires de Goma, Rutshuru et des zones périphériques transitent par M-Pesa, notamment pour ceux payés via la TID et certaines banques commerciales comme la BOA. La suspension du service empêche ainsi l’accès aux rémunérations déjà versées.
Dans une alerte rendue publique, la Fédération des Organisations Syndicales Nationales des Enseignants du Nord-Kivu (FOSYNAT/NK) a exprimé sa vive préoccupation. Elle appelle les autorités compétentes à œuvrer en urgence pour le rétablissement de la connexion Vodacom, estimant que « couper l’accès à M-Pesa revient à asphyxier financièrement les enseignants et leurs familles ».
Selon la FOSYNAT/NK, près de 80 % de la population de Goma utilise M-Pesa pour les transactions quotidiennes, notamment pour les dépenses alimentaires, les soins de santé et le transport. Pour les enseignants, souvent payés tardivement et disposant de peu de réserves financières, l’indisponibilité de ce service aggrave une précarité déjà structurelle.
Vodacom Congo assure que l’incident est indépendant de sa volonté et affirme que ses équipes techniques ont été déployées afin de rétablir les services dans les meilleurs délais. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué, laissant planer l’incertitude parmi les usagers, en particulier dans le secteur éducatif.
En attendant un retour complet à la normale, les syndicats enseignants demandent des mesures d’accompagnement temporaires, notamment des mécanismes alternatifs de paiement, afin d’éviter une paralysie sociale. Ils appellent également à une sécurisation renforcée des infrastructures de télécommunications, devenues essentielles au fonctionnement des services publics et au quotidien des populations dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Magloire Mutulwa
