Le ministre nigérian de la Défense Mohammed Badaru Abubakar a remis sa démission alors que le pays traverse une crise sécuritaire marquée notamment par des enlèvements massifs d’écoliers.
La présidence nigériane a annoncé lundi 1er décembre 2025 la démission du ministre de la Défense Mohammed Badaru Abubakar, alors que le pays est secoué par une vague d’enlèvements de masse qui ont amené le président Bola Tinubu à déclarer « l’état d’urgence sécuritaire ».
M. Abubakar, 63 ans, démissionne avec effet immédiat pour raisons de santé, a annoncé le porte-parole de M. Tinubu, Bayo Onanuga, dans un communiqué.
« Sa démission intervient alors que le président Tinubu a déclaré l’état d’urgence national pour des raisons de sécurité, et prévoit d’en préciser la portée en temps voulu », a ajouté le porte-parole.
Les enlèvements contre rançon par des groupes armés sont devenus très fréquents au Nigeria depuis l’enlèvement en 2014 de 276 écolières dans la ville de Chibok (nord-est) par des djihadistes du groupe Boko Haram.
Pays divisé
Mais cette nouvelle vague de kidnappings, au cours de laquelle plus de 400 Nigérians ont été enlevés ces 15 derniers jours – la grande majorité dans l’État du Niger (centre ouest) -, a profondément ébranlé le pays le plus peuplé d’Afrique (230 millions d’habitants), presque également divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud principalement chrétien.
Face à la recrudescence des enlèvements, le président Tinubu a ordonné le recrutement de forces de sécurité supplémentaires.
Ces derniers enlèvements de masse surviennent après les menaces du président américain Donald Trump d’une intervention militaire au Nigeria pour ce qu’il qualifie de « meurtres de chrétiens », accusations toujours rejetées par le Nigeria.
Albert Toussaint
