Le chef de la junte militaire nigérienne, le général Abdourahamane Tchiani, a mis en cause la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire, les accusant d’être impliqués dans une attaque armée contre une base de l’armée de l’air à Niamey dans la nuit de mercredi à jeudi. L’assaut a fait des blessés et des dégâts matériels, ravivant les tensions diplomatiques régionales.
Une base de l’armée de l’air, située à proximité de l’aéroport international Diori Hamani à Niamey, a été la cible d’une attaque armée dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon la télévision d’État nigérienne, l’assaut a fait quatre soldats blessés et endommagé un aéronef. Les forces nigériennes affirment avoir rapidement maîtrisé la situation, annonçant avoir tué vingt assaillants et en avoir arrêté onze autres. Par ailleurs, la compagnie Air Côte d’Ivoire a indiqué qu’un de ses avions, stationné sur le tarmac de l’aéroport de Niamey, avait été touché par des tirs, causant des impacts sur le fuselage et l’aile droite de l’appareil.
Dans une allocution diffusée à la télévision nationale, le général Abdourahamane Tchiani, chef de la junte militaire au pouvoir, a directement pointé du doigt plusieurs chefs d’État étrangers. Il a accusé le président français Emmanuel Macron, ainsi que les présidents béninois Patrice Talon et ivoirien Alassane Ouattara, d’être les « sponsors » des assaillants, sans toutefois fournir d’éléments de preuve pour étayer ces accusations. Les autorités nigériennes ont également affirmé qu’un des assaillants tués serait de nationalité française, une information qui n’a pas été confirmée de manière indépendante. À ce stade, aucune organisation armée n’a revendiqué l’attaque.
L’assaut s’est produit dans une zone stratégique de la capitale, qui accueille plusieurs installations militaires, le quartier général de la force conjointe Niger–Burkina Faso–Mali, ainsi qu’un important stock d’uranium, au cœur d’un contentieux avec le groupe nucléaire français Orano.
Le Niger reste confronté à une insécurité persistante dans la région du Sahel, marquée par une intensification des violences jihadistes ces dernières années. Depuis le coup d’État militaire de 2023, les autorités au pouvoir ont rompu leurs relations avec la France et plusieurs partenaires occidentaux, se tournant vers la Russie pour leur coopération sécuritaire. Les juntes du Niger, du Mali et du Burkina Faso accusent régulièrement le Bénin et la Côte d’Ivoire, pays restés proches de Paris, de servir de relais à l’influence française dans la région.
Tenplar Ngwadi
