Émilie Soki est mort ,vive Kanda Bongo son héritier artistique et spirituel ! Kanda Bongo, chanteur congolais né à Inongo dans le Maï -Ndombe en 1955, un musicien qui a marqué son époque et qui a porté très haut le drapeau congolais dans le monde de la musique, un digne ambassadeur.
Kanda Bongo qui ,dans sa jeunesse était toujours à cheval sur son Inongo natale et Kinshasa la capitale pour raisons d’études, va alors décider de se lancer dans la musique après un parcours scolaire sinueux qui va l’amener à Mushie, puis à l’école technique de kintambo, un parcours scolaire malheureusement interrompu pour son goût de la musique.
Après avoir bourlingué dans les petits orchestres de la capitale de Bandalungwa à Matonge, il ira fourbir ses premières gammes chez Pierre Bisikita dans l’orchestre ’’Makoso’’ avant d’aller prester chez son idole de toujours Soki Dianzenza Emile dans l’orchestre Bella -Mambo Rénové vers 1974, une véritable consécration pour le jeune prometteur Kanda Bongo.
’’Kalanda’’sera la toute première chanson chantée par Kanda Bongo dans Bella Mambo Rénové, une composition de Soki Dianzenza son idole.
Sa chanson « Mazena » fera un tabac dans la moitié des années 70. Après le retour de Soki Dianzenza dans le Bella- Bella des suites à la réconciliation avec son aîné Soki Vangu, Kanda Bongo et quelques amis seront tentés par l’aventure’’ Bana Mambo’’,une aventure très éphémère.
Cap vers l’Occident.
Après un séjour de 3 semaines en Occident ( Italie et France) avec son producteur Katalayi, un ancien producteur de Docteur Kasanda Nico pour l’achat des équipements de musique, Kanda Bongo va décider de retourner seul pour s’installer en Europe, non pas pour faire de la musique, mais pour poursuivre ses études supérieures vers 1978. Kanda Bongo donnera de la réplique à Soki Vangu de Bella- Bella en l’absence de Soki Dianzenza souffrant lors de quelques concerts avant de s’exiler pour le plus grand regret de l’aîné Soki.
Un fois à Paris en 1978, la capitale des artistes africains, après un temps d’adaptation et intégration, Kanda Bongo comme par hasard, va renouer avec de la musique après avoir enregistré au studio, une musique dansante en boîte de nuit au lieu de la traditionnelle rumba congolaise romantique et poétique.
Sans le savoir, un rythme venait d’être créé le SOUCOUS voire d’être internationalisé. Kanda Bongo flanqué de son guitariste attitré Diblo Dibala ,une vieille connaissance, ils venaient donc de changer le code musical en Occident loin de Kinshasa, la capitale de l’ambiance et de la musique. Refusés au départ par le producteur Eddy Gustave l’Antillais. La réussite de Kanda Bongo viendra d’un producteur Ivoirien monsieur Ouattara grâce à une soirée dédicace des Ivoiriens de la diaspora. L’album intitulé ’’Iyolela’’ sera le point de départ d’un succès phénoménal qui l’amènera aux quatre coins de la planète.
Deux pôles musicaux verront le jour dans les années 80 ,Sam Mangwana, Dizzy Mandjeku, Lokasa Denis, Théo Blaise Nkounkou et African All Stars en Afrique de l’Ouest; Kanda Bongo, Diblo Dibala à Paris.
Kanda Bongo par sa voix suave, deviendra Kanda Bongo Man sur scène. Un look particulier et élégant ,costume-cravate, chapeau Spencer assorti, corps massif et un diastème singulier, une star mondiale. Un showman endurant capable de chanter et de danser sans discontinuer. L’homme -orchestre.
Kanda Bongo Man va briller loin de son pays le Zaïre à l’époque, pays qu’il avait laissé au profit des orchestres Ok Jazz, Afrisa, Victoria Eleison, Zaiko Langa- Langa ,Choc Stars, Koffi Olomide, Empire Bakuba etc… En Afrique et dans le monde, les mélomanes se bousculaient pour aller assister aux concerts du natif d’Inongo. Stades toujours pleins à craquer files interminables partout, à Naïrobi, Dar- es- Salam, Mombassa, Bamako, Conakry, Maputo, Melbourne, Arare, Johannesburg etc… Kwassa- Kwassa danse créée à Kinshasa trouvera son maître en la personne de Kanda Bongo Man. L’ami des Chefs d’État africains.
Bientôt Kanda Bongo Man, le précurseur du soucous fera des émules : Pépé Kallé Yampanya, Aurlus Mabele et le Loketo, les Shimita, Zitani Nel, Yondo Kusala, Nguma Lokito, Dally Kimoko ,Jean Baron ,Sakys etc…qui vont lui emboîter le pas.
Le soucous deviendra désormais une nouvelle sorte d’identité de la musique congolaise après la rumba grâce à Kanda Bongo Man, l’homme au triomphe modeste.
Après une période d’activité musicale très intense 15 ans à peu près ,Kanda Bongo Man installé en Angleterre, prendra la décision de décompresser après une courte période passée à Kinshasa au ministère de la Culture et Arts, il va rentrer définitivement à Londres menant une vie discrète en homme d’affaires prospère qui a investi plus en Afrique- australe.
Les génériques aujourd’hui dans la musique congolaise sont en fait une inspiration venue de Kanda Bongo Man, un rythme saccadé avant tout comme un apéritif au début de chaque album.
Aujourd’hui âgé de 70 ans, Kanda Bongo Man conserve toujours sa flamme des années 80-90 sur scène ?
’’Musicien azalaka na retraite te’’.[ Sic]
Les ’’Frères Soki’’sont morts mais ils ont laissés un héritier : Kanda Bongo Man ! Les rois sont morts, vive Kanda Bongo Man, leur prince, le démiurge du soucous !
Avait- il déjà été décoré d’une médaille de mérite dans son pays, la RDC ?
Dary-Abega
