Le ton est à l’urgence. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié ce samedi pour « une diffusion immédiate », la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement appelé ses citoyens à s’abstenir de tout voyage vers le Moyen-Orient. Cette décision fait suite à une « escalade alarmante » de la situation sécuritaire qui menace de déstabiliser l’ensemble de la région.
Cette prise de position intervient dans un contexte de chaos militaire. Samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont annoncé le lancement de frappes contre l’Iran. En riposte, Téhéran a tiré des missiles vers Israël ainsi que vers plusieurs métropoles abritant des bases américaines. Des explosions ont été signalées dans des centres névralgiques tels que Téhéran, Ispahan, Doha, Dubaï, Abou Dhabi, le Koweït et Bahreïn.
Sur le plan politique, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a affirmé que « de nombreux signes » indiquent que l’ayatollah Ali Khamenei aurait été tué au cours de ces opérations.
Face à cette « intensification des opérations militaires et des actions de représailles », le gouvernement congolais exprime sa « vive préoccupation ». Kinshasa estime que la dynamique actuelle fait peser un « risque sérieux d’embrasement régional », susceptible d’engendrer des conséquences dramatiques pour la paix internationale et les populations civiles.
En sa qualité de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la RDC a tenu à rappeler la nécessité d’éviter toute surenchère. Le ministère des Affaires étrangères exhorte l’ensemble des acteurs à faire preuve de la « plus grande retenue » et réaffirme son attachement au respect du droit international et humanitaire.
Le gouvernement congolais encourage le recours prioritaire aux mécanismes diplomatiques pour parvenir à un règlement durable du conflit. Kinshasa se dit d’ailleurs disposée à soutenir, au sein du Conseil de sécurité, toute initiative visant à restaurer la stabilité.
Outre l’appel à suspendre tout voyage vers la zone, les autorités congolaises invitent leurs ressortissants résidant déjà dans les pays affectés par la crise à se rapprocher des représentations diplomatiques de la RDC. Ces dernières sont chargées de fournir toute information nécessaire sur l’évolution de la situation sécuritaire.
Tenplar Ngwadi
