C’est dans un contexte national sous tension, marqué par les récentes attaques de drones à Kisangani, que le ministre des Mines de la République démocratique du Congo (RDC), Louis Watum Kabamba, a pris part le dimanche 8 février 2026 à la plénière ministérielle du prestigieux forum « Investing in African Mining Indaba ».
Placée sous le thème « Miser sur l’Afrique : mobiliser les capitaux par le partenariat », cette session de haut niveau a permis à Kinshasa de réaffirmer ses ambitions minières devant un parterre de capitaines d’industrie et de partenaires internationaux.

Face aux investisseurs, Louis Watum Kabamba a présenté la RDC comme un partenaire « fiable et stratégique ». Pour le ministre, la solidité du climat des affaires repose sur un principe fondamental : « les véritables alliés des investisseurs sont les lois, les règlements et l’administration du pays ». Il a ainsi insisté sur la nécessité de politiques cohérentes, de la transparence et du renforcement des capacités institutionnelles pour garantir la stabilité et la prévisibilité nécessaires aux grands projets.
Le ministre a notamment mis en avant la coopération fructueuse avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux. Selon lui, ces relations, fondées sur la transparence et des projets mutuellement bénéfiques, sont les moteurs de l’essor actuel du secteur minier congolais.

La vision portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi et mise en œuvre par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka vise à briser le cycle de l’exportation brute. Louis Watum Kabamba a souligné que l’Afrique ne capte encore qu’une faible part de la valeur créée mondialement. L’ambition est donc claire : accroître la transformation locale et la captation de valeur ajoutée en attirant capitaux et technologies.
Productrice de ressources de « classe mondiale » indispensables à la transition énergétique, la RDC souhaite se positionner durablement dans les chaînes de valeur globales. Cette stratégie passe par une dynamique de coopération régionale et l’industrialisation du secteur.

Outre l’extraction, le ministre a dévoilé les ambitions logistiques de la RDC pour désenclaver ses zones minières. Il a notamment présenté le projet de fer de la Grande Orientale (MIFOR). Ce projet d’envergure est conçu pour compléter le corridor de Lobito, avec l’ambition de connecter le nord-est de l’Afrique du Sud au port en eau profonde de Banana.
En reliant ainsi l’océan Indien à l’océan Atlantique, la RDC espère non seulement renforcer son intégration régionale, mais aussi accroître sa compétitivité logistique à l’échelle internationale. Pour Kinshasa, l’avenir du secteur minier africain passe désormais par des partenariats stratégiques et une valorisation accrue de ses richesses naturelles sur le sol continental.
Tenplar Ngwadi
