L’opposant Martin Fayulu s’est finalement exprimé le 18 novembre 2025 à Kinshasa sur la signature de l’Accord de Doha entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23 soutenu par le Rwanda.
L’adresse à la Nation du président Martin Fayulu, initialement prévue le 17 novembre 2025, a été reportée pour donner l’occasion aux Congolais de réserver un accueil chaleureux à l’équipe nationale de football de la RDC, les Léopards, après sa victoire contre le Nigéria. Le président Fayulu félicite chaleureusement « nos héros nationaux pour cette victoire qui honore toute la Nation ». Ci-dessous son discours en intégralité.
Mes chers compatriotes,
Notre Nation se trouve une fois de plus confrontée à une menace qui vise son existence même, son identité, son unité, sa dignité et son honneur.C’est pourquoi je prends la parole aujourd’hui pour rappeler, avec la plus grande fermeté, une vérité inaltérable : aucun accord de prétendue ‘’intégration économique régionale’’ ne peut être envisagé tant que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC sont bafouées.
Comment peut-on parler de ‘’coopération’’ lorsque les forces rwandaises et ougandaises occupent nos terres, exploitent nos ressources et provoquent les déplacements, la mort et la souffrance de nos concitoyens ?
J’affirme haut et fort que l’accord-cadre signé le samedi 15 novembre 2025 à Doha, au Qatar, ne saurait constituer la base d’un accord de paix durable. Les discussions de Doha devaient se limiter à la mise en œuvre intégrale et sans complaisance de la Résolution 2773 des Nations Unies et à la définition des
modalités du cessez-le-feu et non à la signature d’un accord d’abdication qui mettrait en péril l’avenir de nos enfants.
Notre nation n’est pas à vendre. Notre souveraineté n’est pas négociable. Et l’intégration régionale ne peut se faire qu’entre États égaux, libres et respectueux des frontières.Aucune pression ne doit primer sur la sécurité du Congo. Aucune manœuvre ne doit détourner notre marche vers la cohésion nationale.
Ainsi, j’en appelle à Monsieur Félix Tshisekedi, et à tous les Congolais, à œuvrer pour la cohésion nationale– une cohésion véritable qui ne peut naître que d’un dialogue national inclusif.
Monsieur Tshisekedi, au nom de notre peuple, meurtri mais toujours debout, je vous invite à convoquersans délai le dialogue national, sinon l’histoire vous tiendra responsable de la balkanisation du Congo avec Messieurs Kagame et Kabila.
Aucun accord extérieur ne saurait précéder la réconciliation des enfants du Congo rassemblés pour proclamer d’une seule voix la cohésion nationale.Peuple congolais, c’est maintenant que se joue notre avenir. C’est maintenant que chacun doit se lever pour défendre ce qui reste la valeur sacrée de notre histoire : l’intégrité territoriale du Congo.
Jeunesse congolaise, vous qui êtes l’âme vive de la Nation, l’heure n’est plus à la résignation. L’heure est à la vigilance, à la mobilisation, à l’engagement pour la défense du pays.Tenez-vous prêt !Un peuple uni ne sera jamais vaincu. Un Congo debout ne sera jamais balkanisé.
La Gazette du Continent
