Les États-Unis, à travers le Bureau d’assistance étrangère du Département d’État, ont remis le 5 mars 2026 un camion au Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) du ministère de la Santé de la République démocratique du Congo. La cérémonie officielle s’est déroulée jeudi dans la commune de Lingwala à Kinshasa.
Selon Richard Kemball, coordonnateur régional du Bureau d’assistance étrangère du Département d’État, ce véhicule vise à soutenir les efforts du pays dans la lutte contre la tuberculose. La RDC est en effet le deuxième pays d’Afrique le plus touché par cette maladie, avec des taux élevés de tuberculose multirésistante et de co-infection tuberculose-VIH.
En 2024, le pays a enregistré plus de 291.000 cas de tuberculose, dont 37.039 enfants de moins de cinq ans, ainsi qu’environ 5.823 décès liés à cette maladie. Face à ces chiffres, le renforcement du système de santé et de la logistique sanitaire demeure essentiel.

Améliorer l’accès aux diagnostics et aux traitements
Le manque de moyens de transport constitue l’un des principaux obstacles à la distribution des intrants médicaux, notamment dans les provinces éloignées. Cette situation retarde souvent le diagnostic et le traitement des patients, augmentant les risques de transmission et de résistance aux médicaments.
Le camion remis permettra d’acheminer les tests et les traitements contre la tuberculose depuis les dépôts centraux vers les centres de santé et les communautés à travers le pays, y compris dans des zones difficilement accessibles. Il servira également au transport d’autres fournitures médicales essentielles.
Selon les partenaires américains, ce soutien s’inscrit dans une coopération de plus de 30 ans avec le ministère congolais de la Santé pour lutter contre la tuberculose et d’autres maladies prioritaires.

Un partenariat stratégique pour la sécurité sanitaire
Pour les États-Unis, cet appui dépasse le cadre humanitaire. La tuberculose demeure la première cause de décès liée aux maladies infectieuses dans le monde. Renforcer la lutte contre cette maladie en RDC contribue aussi à prévenir sa propagation à l’échelle internationale.
L’objectif est également d’aider la RDC à développer progressivement son autonomie dans la gestion de ses services de santé, notamment à travers l’engagement du Programme national de lutte contre la tuberculose à assurer le carburant et l’entretien du véhicule.
Ce soutien vise ainsi à améliorer la détection des cas, y compris les infections latentes, et à limiter la propagation de la maladie dans les communautés.
Un geste salué par les autorités sanitaires congolaises
Prenant la parole lors de la cérémonie, le Secrétaire général à la Santé, Body Ilonga, a salué un geste fort qui illustre la coopération entre la RDC et les États-Unis dans la lutte contre la tuberculose. Il a rappelé que cette maladie reste un défi majeur de santé publique dans le pays, touchant particulièrement les populations les plus vulnérables.
Malgré ces défis, le programme national enregistre des progrès notables. Le taux de notification des cas de tuberculose connaît une progression annuelle d’environ 10 %, tandis que le taux de succès thérapeutique dépasse désormais 95 %, conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé.
Vers l’objectif d’élimination de la tuberculose d’ici 2030
La cérémonie intervient alors que le Programme national de lutte contre la tuberculose procède à la revue externe à mi-parcours de son plan stratégique 2024-2028. Elle se tient également une semaine après la signature d’un mémorandum d’entente sur la coopération sanitaire entre la RDC et les États-Unis.
Pour les autorités sanitaires, ce véhicule constitue une réponse concrète aux défis logistiques liés à la distribution des médicaments sur l’ensemble du territoire national.
Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre cette coopération afin de renforcer le système de santé et atteindre l’objectif d’éliminer la tuberculose en RDC d’ici 2030.
Zacharie Mikunga
