Des accusations de déstabilisation de la République Démocratique du Congo à partir des territoires de Seke-Banza et de Luozi agitent l’opinion depuis la semaine dernière.
En cause, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, mettant en cause la veuve de Ne Muanda Nsemi, accusée de collusion avec l’ancienne Première dame Olive Lembe Kabila dans une prétendue opération d’infiltration et de déstabilisation de la province du Kongo Central. Dans une déclaration faite le 1er mars 2026 dans la cité de Luozi, la direction territoriale de Bundu dia Mayala a rejeté ces accusations, les qualifiant d’infondées et sans preuve. Le vice-président de Bundu Dia Mayala à Luozi, Nkembo Mavanga, dénonce ce qu’il considère comme une tentative de discrédit jetée sur la veuve de Ne Muanda Nsemi.
Au centre de la controverse, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Celle-ci accuse la veuve du leader spirituel d’entretenir une prétendue collaboration avec Olive Lembe Kabila, épouse de l’ancien président Joseph Kabila, dans le but d’infiltrer la province du Kongo Central via les territoires de Luozi et de Seke-Banza.
« Une tentative de discrédit »
Dans une déclaration rendue publique à Luozi, la direction territoriale de BDM affirme vouloir « fixer l’opinion nationale et internationale » face à des accusations jugées « extrêmement graves ».
« Ces allégations ne visent pas seulement la veuve du Grand Maître Ne Muanda Nsemi, mais également le plus grand parti politique du Kongo Central ainsi que l’association socioculturelle Bundu Dia Kongo », indique la déclaration.
Pour les responsables du mouvement, il s’agit d’une campagne de discrédit dirigée contre l’une des figures influentes de leur organisation.
Luozi, fief historique du mouvement
La fédération rappelle que le territoire de Luozi constitue le fief natal de Ne Muanda Nsemi et l’un des bastions majeurs du mouvement. « Nos activités se déroulent en étroite collaboration avec les autorités civiles et militaires établies, conformément à la ligne politique tracée par Ne Muanda Nsemi », souligne le document. Le mouvement affirme par ailleurs soutenir « Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’État ».
Rappel du passé militant de BDM
Dans sa déclaration, Bundu Dia Mayala évoque également les épisodes sombres de son histoire, notamment la marche pacifique organisée en août 2017 pour dénoncer ce qu’il qualifiait d’« infiltration rwandaise », sous le slogan : « Le Congo aux Congolais et le Rwanda aux Rwandais ».
Selon le mouvement, cette manifestation avait été « farouchement réprimée par le régime de l’époque », entraînant des pertes en vies humaines, des arrestations et des cas de torture parmi ses militants.
« La veuve de Ne Muanda Nsemi a vécu les moments les plus douloureux de l’histoire politique de son mari : humiliations, arrestations et persécutions », rappelle la fédération.
Appel aux autorités judiciaires
Bundu Dia Mayala appelle les services de sécurité et les instances judiciaires à se saisir du dossier.
« Que cette dame, auteure de ces allégations de mauvais goût, apporte les preuves de ses accusations portées contre la femme la plus influente de notre mouvement », exige le communiqué.
Le mouvement réaffirme enfin son attachement à la défense de la terre, qu’il considère comme « le bien le plus précieux qu’un peuple puisse posséder », estimant qu’« aucune collaboration avec ceux qui voudraient sacrifier nos terres n’est envisageable ».
La déclaration se conclut par des slogans de fidélité à la République démocratique du Congo, au mouvement Bundu Dia Mayala et à son leader spirituel.
Zacharie Mikunga
