Bani Walid, bastion historique fidèle à l’ancien régime, a vécu un moment de forte tension émotionnelle le vendredi 06 février 2026. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour assister aux obsèques de Saïf al-Islam Kadhafi, abattu mardi dernier à son domicile de Zintan, dans le nord-ouest du pays.
Celui qui fut longtemps considéré comme l’héritier présomptif de Mouammar Kadhafi a été accompagné à sa dernière demeure par une foule venue de diverses régions de Libye, près de quinze ans après le soulèvement de 2011 soutenu par l’Otan. « Nous sommes venus ici aujourd’hui pour accompagner notre bien-aimé, le fils de notre leader, celui en qui nous voyions l’espoir, l’avenir, la vie, la dignité », a témoigné Waad Ibrahim, une habitante de Syrte présente sur place. Elle a ajouté que cet assassinat ne ferait que « renforcer notre détermination à libérer la Libye ».
Pour de nombreux partisans présents à Bani Walid, la mort de Saïf al-Islam n’est pas un fait divers, mais un acte politique prémédité. Les critiques visent directement les puissances rivales qui se disputent le contrôle de l’est et de l’ouest du pays.
« Ils voulaient l’écarter de la course électorale afin de pouvoir gagner. Ils ont réussi à l’exclure de la scène politique en l’assassinant », a affirmé Sabri Gassout, un habitant de Tripoli ayant fait le déplacement. Saïf al-Islam s’était officiellement déclaré candidat à la présidence en 2021, représentant une menace sérieuse pour ses concurrents directs avant que le processus électoral ne soit reporté sine die sous l’égide de l’ONU.
Cet assassinat intervient dans un contexte de blocage institutionnel profond. La Libye demeure scindée en deux blocs antagonistes : le gouvernement de Tripoli dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par la communauté internationale, et l’administration de l’Est soutenue par le maréchal Khalifa Haftar.
En disparaissant de la scène, Saïf al-Islam Kadhafi laisse derrière lui des partisans qui refusent de s’avouer « brisés ou soumis », mais une transition démocratique plus incertaine que jamais. Pour l’heure, aucune des autorités en place n’a apporté de réponse définitive sur les circonstances exactes de l’attaque de mardi à Zintan.
Tenplar Ngwadi
