Pourquoi les Congolais semblent avoir sciemment choisi la voix des insultes, de la violence verbale , des invectives et des attaques sur la vie privée ?
L’incivilité, l’injure, l’invective sont devenues des nouvelles armes ? Nous assistons à une montée de la violence verbale .
En dépit de nos profonds désaccords, la courtoisie dans l’échange était la norme- c’est un vague souvenir qui disparaît aujourd’hui-, la mode est désormais aux injures , à l’émotion, à la radicalité .
La séquence de la ministre des Affaires étrangères est une parfaite illustration de la chute du débat public.
Il fut un temps où le parlement était le lieu central d’expression politique, c’était là où les décisions se prenaient , les médias, les journalistes jouaient le rôle de socialisation politique et citoyenne . Hélas, les choses ont changé.
L’irruption des réseaux sociaux a confisqué l’intelligence collective , la parole publique s’est dégradée,l’insulte est devenue la norme , la violence verbale à laquelle on assiste chez les congolais n’est peut-être que la projection de la crise générale de la société. Les valeurs se sont inversées.
Toutes les structures d’autorité se sont affaissées
Nous vivons l’ère des insultes, de la dégradation du débat. On valorise aujourd’hui les insultes, les polémiques, tandis que les vrais enjeux et le débat font peur par son sérieux, et pourtant, la notion de débat renvoie aux échanges d’idées et d’arguments.
Il suffit de suivre les échanges des Congolais sur les réseaux sociaux. « Qui ne peut attaquer le raisonnement attaque le raisonneur », disait Paul Valéry.
Jean- Claude Mombong Mass
