L’ancien vice-président de la RDC en charge des Affaires sociales et culturelles, Arthur Z’ahidi Ngoma, est décédé le 5 octobre à Paris, à l’âge de 69 ans.
Après avoir fui le Zaïre du maréchal Mobutu au début des années 70 pour suivre des études de droit en France, Arthur Zahidi Ngoma avait longtemps travaillé à l’Unesco.
En 1992, il rentre au Zaïre. Mobutu a concédé le multipartisme, la Conférence nationale instaure la démocratie.
Face à Etienne Tshisekedi, l’opposant radical , et au maréchal Mobutu , le professeur Ngoma croit à ses chances. Il postule sans succès au poste de premier ministre et les longues années de la transition ne lui permettent pas d’établir une assise partisane.
En 1997, avec Laurent-Désiré Kabila, il proteste contre l’emprise des puissances étrangères sur l’Alliance des forces démocratiques de libération (AFDL) de M. Kabila.
Le 25 novembre 1997, il convoque, malgré l’interdiction des activités partisanes, les assises des Forces du futur, sa formation politique. La police de l’AFDL empêche la tenue de la réunion et arrête le professeur Ngoma.
Il est bastonné puis détenu pendant deux mois à Kinshasa à Makala, avant d’être transféré au Katanga, à la prison de Bulowa. En avril 1998, il s’évade en compagnie d’un autre opposant, Joseph Olengakoy, et du commandant Masasu, ex-conseiller militaire de Laurent-Désiré Kabila, arrêté pour trahison.
Repris au bout de trois jours avec le commandant Masasu, M. Ngoma est présenté devant les caméras de la télévision d’Etat congolaise.
Amaigri, torse nu, il sera accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
Son arrestation avait provoqué l’indignation de la communauté internationale, le directeur de l’Unesco à l’époque avait fait pression sur Kinshasa pour sa libération . Il quitte Kinshasa pour la France.
En 1998, il rallie la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), mais son expérience dans le groupe armé avait été de courte durée.
Né le 18 septembre 1947 à Kalima (Maniema), il a été l’un des quatre vice-présidents pendant la période de transition chargé de la Commission sociale et culturelle (2003-2007).
Il était Docteur d’État en Droit de l’Université de Paris I (Panthéon Sorbonne), chercheur en Droit International Public, Droit International Économique, Droit Financier et Monétaire International. Il a été fonctionnaire de l’UNESCO.
Avec Jean-Pierre Bemba, Abdoulaye Yerobia Ndombasi, et Azarias Ruberwa, ils avaient tous fait partie de la formule « 1 + 4 » mise en place à l’issue du dialogue politique à Sun City en 2003.
Il s’agissait d’un gouvernement de transition de quatre vice-présidents autour du président Joseph Kabila.
Il avait formé beaucoup de jeunes à l’époque dans sa formation politique à Paris , « Les forces du futur » : Didier Mumengi, Thomas Luhaka, Yvon Mombong, Delly Sesanga, Hubert Ntetika etc
Jeanclaude Mass Mombong
