Il y a soixante ans, Mobutu prenait le pouvoir. Quelques mois seulement après l’indépendance du pays en 1960, Joseph Mobutu était propulsé commandant en chef de l’armée congolaise.
Cinq années et quelques crises politiques plus tard, le colonel s’empare du pouvoir le 24 novembre 1965, le conservera jusqu’à la chute du régime le 17 mai 1997
Le coup d’état militaire de Mobutu
La proclamation de l’indépendance du Congo est faite , le 30 juin 1960, par le roi Baudouin. Mais trois mois après l’indépendance , un conflit éclate entre le président Joseph Kasavubu et son premier ministre Patrice Lumumba, le colonel Mobutu parvient, le 14 novembre 1960, à dénouer l’imbroglio en confiant le pouvoir à un » collège de commissaires » présidé par Justin-Marie Bomboko.
Après l’assassinat de Patrice Lumumba, le 2 août 1961, le gouvernement présidé par Cyrille Adula obtient la confiance des Chambres, mais la situation politique est chaotique, en 1965, un bras de fer oppose le président Joseph Kasavubu au premier ministre Moïse Tshombe.
Ce dernier est démis de ses fonctions, mais le choix de son successeur crée une situation d’instabilité politique.
Manquant de discipline chez les hommes politiques, le colonel Mobutu s’empare du pouvoir, le 24 novembre 1965 . Il promet d’instaurer la discipline dans tous les domaines pendant cinq ans, devant la presse belge , le président Mobutu justifia ainsi, son coup d’État.
Coup d’État salutaire ou début d’un régime dictatorial dirigé d’une main de fer ?
Les avis sont partagés, plusieurs hypothèses s’obstinent jusqu’aujourd’hui. Mais à l’époque ce coup d’État militaire était accueilli avec euphorie, même l’Eglise catholique par la voix de l’archevêque Mgr Albert Malula reconnaît ce pouvoir putschiste.
Toute la classe politique avait applaudi , les organisations estudiantines , les grands syndicalistes de l’époque-Bobo Liko, Kithima et Siwa -, soutiennent le chef de la junte ;les réactions politiques sont positives.
À partir du moment où il y avait rupture de l’orde constitutionnel , suite aux conflits récurrents de la classe politique – entre l’ancien président Kasa-Vubu , Moise Tshombe,Kimba et une majorité parlementaire hostile au président -, l’intervention de l’institution militaire s’avéra divine pour résoudre le conflit. Le contexte international de l’époque s’y prêtait aussi , les occidentaux ne cachaient pas leur soutien à Mobutu.
Le 23 novembre, lors de la prise d’armes au camp Léopold( camp Kokolo), le président Kasa-Vubu élève Mobutu au grade de Lieutenant-général. De retour à sa résidence de camp Tshatshi, Mobutu coordonne tout, avec son épouse ,son secrétaire particulier le Lieutenant Ilonson, le major Wabali coupe toutes les lignes téléphoniques.
La radio-Léopoldville interrompt le programme et diffuse des chansons militaires.
Kasa-Vubu est démis de ses fonctions, l’Armée met fin à la course au pouvoir aux politiciens, Mobutu s’adresse à la presse , entouré de tout le Haut Commandement de l’armée : Bobozo, Masiala, Mulamba, Malila, Nzoïgba, Tshiatshi, Monyango, Singa, Basuki,Malila, Tukuzu, Wabali et Ilosono.
C’est ainsi que le Lieutenant-général Joseph Désiré Mobutu assumera les prérogatives constitutionnelles de chef de l’Etat jusqu’au 17 mai 1997.
Jean-Claude Mass Mombong
