Les premiers responsables de la situation actuelle de Kinshasa ne sont pas ceux que l’on désigne, mais bien ceux qui ont le pouvoir de contrôle et de sanction. Les députés provinciaux portent une responsabilité directe. Ce sont eux qui ont porté à la tête de l’exécutif provincial les autorités en place, et ce sont encore eux qui, par leur silence et leur refus d’agir, les protègent contre toute interpellation ou sanction pourtant légitime.
Me Magalie Dosi Kisansa, président intérimaire de la Dynamique Congo Uni (DCU), un parti politique membre de l’Union sacrée de la Nation, exprime sa colère à travers sa page Facebook sur des sujets publics, de gouvernance, de justice sociale et d’unité nationale.
Malgré de multiples dénonciations et réclamations répétées, l’Assemblée provinciale de Kinshasa demeure de marbre, au grand dam des Kinoises et des Kinois, livrés à eux-mêmes face à une gouvernance défaillante et à l’aggravation continue de leurs conditions de vie.
Toutes les tendances sont pourtant unanimes. Pouvoir, opposition et société civile s’accordent sur le constat alarmant de la situation. Dès lors, une question s’impose avec gravité : pourquoi les élus de Kinshasa à l’Assemblée provinciale semblent-ils avoir perdu à la fois leur voix, leur lucidité et le sens de leur mission ?
Il faut avoir le courage de le dire. Les Kinoises et les Kinois ont, dans leur majorité, fait de mauvais choix en accordant leur confiance à des élus qui trahissent aujourd’hui leur mandat. Comment comprendre que des représentants censés être le relais des préoccupations populaires ignorent, avec autant de désinvolture, des doléances qui ne cessent de s’accumuler ? Cette attitude constitue une rupture grave entre les élus et la population qu’ils sont pourtant tenus de servir.
Le moment est venu pour la population de tirer les leçons du passé. L’avenir de la ville ne peut plus être sacrifié sur l’autel de choix électoraux dictés par des cadeaux, des promesses creuses ou des intérêts immédiats. Gouverner et représenter exigent de la compétence, de l’intégrité et un véritable sens des responsabilités.
Aujourd’hui, Kinshasa s’enfonce, et avec elle ses habitants, pendant que ceux qui ont reçu mandat de défendre l’intérêt général détournent le regard. Cette indifférence est inacceptable. Nous exigeons que les élus provinciaux se ressaisissent, assument pleinement leurs responsabilités et répondent enfin aux attentes légitimes de la population. L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront choisi l’inaction face à l’urgence.
Excellente semaine à toutes et à tous. Que la résilience, le courage et la solidarité continuent de guider les Kinoises et les Kinois face aux nombreux défis que présente la vie à Kinshasa. Puisse chacun garder espoir et demeurer engagé pour une ville plus digne et tournée vers l’avenir.
Que se passe-t-il à Kinshasa ?
Je n’ai jamais connu une ville de Kinshasa aussi sale, aussi insécurisée et aussi méconnaissable. Pendant et après la pluie, la capitale offre un visage alarmant : routes impraticables, quartiers inondés, plusieurs véhicules et autres biens emportés, laissant des familles démunies et sans assistance.
Et pourtant, j’apprends que bientôt 2.500 agents seront déployés sur le terrain avec pour mission de percevoir la taxe de stationnement et de parking à Kinshasa, à l’aide de dispositifs électroniques de paiement.
Cette annonce intervient alors que la population kinoise vit déjà dans une grande précarité. Le coût de la vie augmente chaque jour, notamment à cause des embouteillages, de nombreuses routes fermées et d’autres devenues impraticables, tandis que les services publics demeurent défaillants.
Aujourd’hui, au lieu d’apporter des solutions concrètes, on choisit encore d’imposer une nouvelle taxe, alors qu’il n’existe presque aucun parking aménagé, notamment à la Gombe.
Pourtant, les vraies urgences sont ailleurs.
• La sécurisation de la population et de leurs biens devrait être la priorité absolue.
Kinshasa fait face à une recrudescence inquiétante des vols à mains armées, des kidnappings, sans oublier le phénomène Kuluna, qui continue de semer la mort et la terreur dans plusieurs communes.
• Les embouteillages, qui avaient presque disparu, ont repris de plus belle ces derniers jours, paralysant la ville et faisant perdre des heures précieuses aux travailleurs.
• L’insalubrité atteint des niveaux alarmants : déchets non évacués, caniveaux bouchés, absence totale d’une gestion efficace des immondices.
• Les inondations répétitives, à chaque pluie, détruisent des maisons, endommagent des véhicules, emportent des biens et coûtent parfois des vies humaines, pendant que rien de durable n’est mis en place pour prévenir ces drames.
Face à cette situation catastrophique, on nous annonce le déploiement de 2 500 agents supplémentaires pour percevoir une taxe, en plus des 3 000 agents déjà déployés pour le contrôle des documents de bord.
La population a l’impression qu’on multiplie les agents pour taxer, mais jamais assez pour sécuriser, nettoyer ou organiser la ville.
• À force de multiplier les taxes sans solutions concrètes, le Gouverneur donne l’impression de vouloir opposer la population aux institutions, au lieu de la soulager.
Et pendant ce temps, où sont les députés provinciaux ?
Sont-ils devenus aveugles face à la souffrance de la population, ou sont-ils, eux aussi, incapables d’assumer leurs responsabilités ?
Quelque chose doit être fait de toute urgence, car force est de constater que le Gouverneur Bumba n’est visiblement pas l’homme de la situation.
La gestion calamiteuse de Kinshasa est en train de tuer les Kinois et les Kinoises, au sens propre comme au figuré.
• Gouverner, ce n’est pas multiplier les taxes.
• Gouverner, c’est protéger, organiser et servir.
Avant de taxer, offrez des services.
Avant de punir, résolvez les vrais problèmes.
La Gazette du Continent
