L’administrateur du territoire de Luozi, Alfred Ngoma Losa, a déclaré que son dossier était purement administratif en rapport à ses attributions et compétences. Tout est parti des rapports du chef de secteur de Mbanza-Mwembe. Il lui faisait parvenir les rapports du comportement du secrétaire administratif de son secteur qui se comportait très mal. L’administrateur du territoire avait pris une décision pour le permuter avec le secrétaire administratif du secteur de Mbanza-Mona.
L’administrateur du territoire ignorait que ce secrétaire était membre du parti politique NDK du président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, Papy Mantezolo. Il s’était permis d’aller se plaindre au niveau de la province. Le président de l’Assemblée provinciale avait récupéré ces dossiers et demanda au gouverneur pour que l’administrateur du territoire lève sa décision. « Je suis allé à Matadi pour expliquer la situation. Je suis allé voir le président dans son bureau pour lui présenter comment ce Monsieur se comportait. C’est comme ça que je l’ai fait déplacer. Moi je ne l’ai pas muté quelque part. Je l’ai permuté avec un autre secrétaire. Mais pour lui, il était question que je puisse revenir dans ma décision. Or, je sais que pour les populations, ce sont leurs élus mais ces élus pour nous sont nos administrés ».
Face à cette situation, l’administrateur du territoire a obtempéré et avait levé cette décision. « Mais le président de l’assemblée provinciale Papy Mantezolo avait gardé une dent contre moi. C’est comme ça que ce dossier est passé de vente de terrain au niveau de Luozi soi-disant que l’administrateur du territoire avait vendu la piste d’aviation, les espaces verts et le cimetière de Yenge. Chose que je n’ai jamais faite. C’étaient plutôt les allégations de la société civile mais tout ça c’était fomenté par lui parce que c’est lui qui envoyait l’argent auprès de la société civile pour manifester contre ma personne ».
Alfred Ngoma Losa dit détenir des preuves. « J’ai ses correspondances. C’est comme ça que la société civile va s’acharner contre ma personne pour m’empêcher de faire mon travail. Le gouverneur de province avait dépêché à deux reprises deux commissions à Luozi. Elles avaient enquêté sans retenir des griefs contre Ngoma Losa. Le président de l’Assemblée provinciale insistait pour que « je sois sanctionné comme si on n’avait pas reconnu la première enquête. La même équipe est rentrée à Luozi pour la deuxième. En vérifiant, elle n’avait constaté aucune preuve de toutes les allégations de griefs portés contre moi. Au moment où je vous parle, je n’ai jamais été suspendu mais je ne travaille pas et je n’accède pas à mon bureau. C’est par la la volonté du président de l’Assemblée provinciale. Le gouverneur n’arrive pas à prendre une décision. Moi je dépends de lui ».
Le climat étant tendu entre la société civile et Ngoma Losa, il lui a été proposé de prendre la tête du territoire de Songololo puisque son collègue était suspendu. Le gouverneur envisageait de solliciter auprès du Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur pour qu’il soit permuté. « 0r, moi ma nomination était pour Luozi, le milieu que je maîtrise bien. Je connais la langue. Je vais encore servir la population. Je n’ai pas de problème avec des gens parce que c’est de là que je vivais depuis les événements de Bundu dia Kongo (BDK) en 1998. J’étais déjà à Luozi avec mes projets à Nkundi où je faisais mes champs avec l’ONG, le Centre de développement intégré dont je suis le président et l’initiateur ».
C’est un problème qu’on a créé, affirme Ngoma Losa. « Nous sommes en politique. Comme je suis de l’UDPS, pour lui, il savait que si je laisse ce monsieur et je suis l’œil de tout ce qui se passe dans le territoire. Avec tout ce que nous connaissons, je deviens un témoin gênant. Papy Mantezolo est élu de Luozi. Il va peut-être vouloir affecter d’autres projets et que moi si je suis là je serai un témoin gênant. Pour cette raison, il voulait obtenir mon départ de la tête du territoire de Luozi.
Une incompréhension pour la société civile de Luozi
« Il y a eu un incompréhension entre nous la société civile et l’administrateur du territoire. Nous disposions des preuves des détournements, des spoliations… Il commençait à vendre des terrains sur la piste de l’aviation. Le gouvernement provincial avait décaissé plus de 10 millions de francs congolais pour arranger le bourbier de Mbanza-Mona. Il avait reçu 82 sacs de ciment qu’il a vendus sans pourtant faire les travaux. Nous sommes allés le voir pour discuter avec lui. Nous avons tenu plus au moins 15 rencontres. Malheureusement étant donné qu’il est de l’Udps, il nous a même menacé en faisant appel même à la milice force du progrès qui était arrivée à Luozi. Nous avions fui Luozi. Un activiste de la société civile avait été enlevé ». C’est ce qu’a affirmé Eugène Nkanza Tonda, le président de la société civile force vive de Luozi.
Lorsque le mauvais climat avait prévalu à Luozi, l’Assemblée provinciale avait décidé d’envoyer une équipe mixte pour mener des enquêtes. Les députés provinciaux n’ont malheureusement pas pu envoyer cette Commission. C’était plutôt le gouverneur qui avait envoyé la Commission pour constater les faits reprochés à l’administrateur du territoire de Luozi.
« Nous étions ensemble avec les membres de la commission. Nous avions présenté nos moyens de défense. L’administrateur du territoire disait qu’il n’avait rien vendu. Nous avions pu réunir 19 griefs à sa charge. Nous sommes descendus sur le terrain où on a montré des terrains de l’État qu’il a spoliés. Il avait déjà vendu des terrains pour 2 millions à 3 millions de francs congolais. Il à ravi aux religieuses catholiques un terrain, la parcelle du feu le professeur Dianzungu. Il a eu à menacer l’église Armée du salut au niveau de Nkundi qui possédait deux hectares. On lui a donné trois parcelles. De tout ce que nous avions eu à présenter comme moyen de défense, c’est là où la Commission avait demandé en disant que comme tenu du climat qui avait prévalu avec la population, elle avait proposé qu’il soit suspendu ».
Après trois mois, la commission devrait revoir son cas. Malheureusement, l’administrateur du territoire a multiplié des sorties médiatiques. Il accusait le gouverneur de province et le président de l’Assemblée provinciale d’être derrière les acteurs de la société civile, regrette Eugène Nkanza. « Le climat reste tendu à Luozi parce que la population ne supporte pas sa présence. Depuis qu’il est parti jusqu’aujourd’hui nous sommes restés en bon terme avec l’intérimaire. Je ne maîtrise pas bien le dossier mais ce qui est vrai l’autorité provinciale avait fait son rapport auprès de Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur ».
Une plainte contre l’administrateur de territoire de Luozi pour imputations dommageables
Le président de la société civile a souligné que l’administrateur de territoire ne cesse de faire des déclarations de provocation. « Dernièrement, il nous a accusés au niveau du cadre de concertation de la société civile soi-disant que nous nous menons une rébellion. Nous sommes des rebelles. Des politiciens sont derrière nous. Nous avons porté plainte contre Ngoma Losa au niveau du parquet de Luozi. Il doit venir prouver que nous nous menons une rébellion contre lui. Nous ne sommes pas au nombre de 30 ou 40 membres. Pour le moment, nous attendions après sa suspension qu’on pouvait peut-être se mettre autour d’une table pour discuter. Mais c’est sa façon de voir les choses. Je vous informe malheureusement qu’il n’écoute personne puisqu’il est de l’Udps ».
