Un professionnel des médias a l’habitude de se rendre dans la cité côtière de Muanda dans la province du Kongo Central. Il quitte souvent la nuit pour faire un bon voyage seul au volant. Il a eu déjà à rater d’être pris pour cible par des coupeurs de route sur la nationale numéro un.
Cette nuit-là, il décide sans préparation d’aller passer son temps dans la province du Kongo Central. Il démarre son véhicule dans la commune de N’djili. Il arrive au rond-point Ngaba. Le transport en commun était difficile. Il remarque une haie de personnes en attente d’un hypothétique moyen de transport. Ses yeux tombent sur quelques femmes qu’il voulait aider pour la Cité verte dans la commune de Selembao à Kinshasa.
Après un moment d’hésitation, il immobilise son véhicule. Il fait signe à ces dames d’embarquer mais curieusement cinq malabars se précipitent d’y entrer en les poussant très loin. Elles n’ont pas pu faire le poids face à ces hommes. Le conducteur a eu peur en poursuivant son chemin avec ces inconnus. Il décide de lever l’ancre au rond-point Ngaba.
Quelques minutes plus tard, il observe le mouvement de ses « invités » non désirés à travers le rétroviseur de l’intérieur de la voiture. Travaillant avec des militaires et des policiers, il décide de conduire comme dans un cortège officiel. Sans embouteillage, il fonce à vive allure dans les pénombres de l’avenue By Pass. Ses quatre « invités » sont pris de panique.
L’un arrive probablement à son arrêt et fait signe au conducteur qu’il voulait descendre. Puis le tour de deux autres. Le dernier voulant descendre au niveau de l’entrée de l’Université Catholique du Congo, à un endroit sombre. Le conducteur fait semblant de ne pas entendre roulant à vive allure jusqu’à la station d’essence de la Concession Diomi.
Il voit le dernier malabar portant certainement une arme et lui lance : « yo oza mutu na biso » (toi tu es l’un des nôtres). Le professionnel des médias en profite pour faire le plein pour éviter une panne sèche le long de la route. Il a poursuivi son chemin jusqu’avant d’atteindre la cité Luila. Soudain, il constate que l’une de ses roues a connu une crevaison.
Il avance un tout petit peu et décide de la remplacer. Un conducteur d’un gros véhicule lui dit de quitter le plus rapidement que possible cet endroit jugé trop dangereux et risqué. Il fait fi de cet avertissement. Un deuxième véhicule de passage lui lance le même message. Se sentant en insécurité, il décide de rouler jusqu’au prochain village. Il remarque de loin en avançant un tombeau qu’il a confondu à une maison d’habitation. Il croyait qu’il se trouvait dans un village sans faire trop d’attention puisqu’il faisait sombre.
Il ouvre son coffre et prend le matériel pour remplacer la roue à problème. Pendant ce temps, il aperçoit trois gars qui venaient dans sa direction. Il les observe. Voulant fuir vers la « maison » en face de lui, il se rend compte que c’était un tombeau. Il prend son courage et se dirige vers ce lieu. Il entame des incantations en parlant en langue comme s’il était dans une église de réveil.
Les « bandits » se pointent devant son véhicule et le guettent minutieusement. Ils attendaient qu’il termine sa cérémonie. Voyant le danger, il a intensifié ses incantations pour faire peur à ces potentiels coupeurs de route en tournant à plusieurs reprises autour du tombeau. La peur grandit en lui en constatant leur détermination de l’attendre. Deux de ces hommes décident de vider le lieu. L’un d’eux insiste pour qu’il soutire un peu d’argent à ce professionnel des médias. Ayant pris du temps pour l’attendre en vain, ils ont décidé de partir.
Le professionnel des médias profitent d’arrêter sa séance d’incantation improvisée. Il revient pour changer rapidement la roue et parvient à se tirer de cet endroit et a poursuivi son chemin jusqu’à sa destination finale. Sur la même route, sa caméra dernière la banquette l’avait également sauvé d’une autre agression.
Il est arrivé à un lieu où était érigé une barrière de fortune. Il se rend à l’évidence qu’il est tombé entre les mains des coupeurs de route qui inspectent son véhicule et voient la caméra. Il leur dit qu’il se rendait à Muanda pour un travail. Ils n’avaient besoin que de quelques tiges de cigarettes. En arrivant à quelques kilomètres, il dépasse une escorte de véhicules qui attendait le bon moment pour éviter cette barrière de la mort. Tous les conducteurs étaient étonnés de le voir franchir cette barrière sans incident.
Zacharie Mikunga
