Le message est clair : pour bâtir une métropole moderne, il faut que chacun passe à la caisse. Ce mardi 27 janvier 2026, Magloire Kabemba, ministre provincial des Finances, de l’Économie et du Numérique, a officiellement donné le coup d’envoi de la campagne de sensibilisation au paiement de l’Impôt foncier (IF) et de l’Impôt sur les revenus locatifs (IRL).
Entouré des cadres de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), le ministre a pointé un paradoxe kinois : alors que les 24 communes de la capitale connaissent une urbanisation fulgurante et un boom immobilier sans précédent, les recettes fiscales liées à la pierre demeurent désespérément faibles. Face aux besoins croissants en infrastructures, l’heure est à la mobilisation générale.
La grande innovation de cet exercice 2026 réside dans la généralisation du « Quitus fiscal urbain ». Ce document sécurisé, délivré par la DGRK, devient la preuve indispensable de la régularité du contribuable. Plus qu’une simple attestation, il s’impose désormais comme une pièce maîtresse de la vie administrative et économique.

Magloire Kabemba a précisé que ce quitus est désormais une condition sine qua non pour accéder à une multitude de services : participation aux marchés publics, obtention de titres fonciers, signature d’actes notariés, formalités de baux ou encore certains actes d’état civil. Si le ministre récuse le terme de « mesure coercitive », il présente ce mécanisme comme un outil de gouvernance moderne destiné à barrer la route à l’évasion fiscale.
Financer le programme « Kin Ezobonga »
L’enjeu de cette collecte dépasse la simple rigueur comptable. Les fonds mobilisés sont le carburant du programme « Kin Ezobonga », le plan de transformation durable de la ville. Voirie urbaine, assainissement, éclairage public et sécurité : les attentes des Kinois sont immenses. Le ministre a d’ailleurs profité de l’occasion pour annoncer le déploiement imminent d’un système moderne de gestion des déchets, fruit de partenariats avec des firmes internationales spécialisées.

Pour faciliter la tâche aux contribuables et éviter les files d’attente, le gouvernement provincial mise sur la flexibilité. En collaboration avec les banques commerciales et les opérateurs de monnaie électronique, des canaux de paiement sécurisés ont été mis en place. Qu’il s’agisse des centres communaux de la DGRK ou des solutions de mobile money, tout est fait pour que l’acte de payer son impôt devienne un réflexe simple et citoyen.
En clôturant la cérémonie, Magloire Kabemba a appelé à une appropriation collective de cette campagne. Pour le patron des finances provinciales, le développement de Kinshasa ne se fera qu’au prix d’une fiscalité « équitable, transparente et responsable ». Les propriétaires ont désormais jusqu’au 1er février pour se mettre en règle.
Tenplar Ngwadi
