Le mois de mars, consacré à la promotion et à la défense des droits des femmes, a inspiré une initiative particulière à la Procureure de la République, Marie-Claire Ruhamya Nanzige, cheffe d’office du parquet près le Tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema.
Désireuse d’agir autrement cette année, elle a privilégié une approche de terrain en organisant une série de visites d’inspection dans les commissariats relevant de son ressort. Cette démarche vise à renforcer la bonne administration de la justice et le respect des droits des personnes privées de liberté. Le coup d’envoi de ces inspections a été donné mercredi 11 mars 2026 au commissariat urbain de Mont-Ngafula.
Palper du doigt les réalités des “amigos”
Cette descente avait pour objectif principal d’évaluer les conditions de détention dans les cellules communément appelées “amigos” et d’examiner le travail des Officiers de Police Judiciaire (OPJ), acteurs essentiels dans la chaîne pénale.
Accompagnée de plusieurs magistrats de son office, dont une forte représentation féminine, la cheffe du parquet a visité les installations du commissariat, notamment les lieux de détention. Elle s’est également entretenue avec certains détenus ainsi qu’avec les commissaires des différents CIAT et Sous-CIAT relevant de ce commissariat urbain.

Des failles relevées dans le travail des OPJ
La visite a permis d’identifier certaines insuffisances dans l’exercice des fonctions des OPJ, notamment dans la tenue des registres, la requalification juridique des faits et le respect strict des règles encadrant la garde à vue. Dans son intervention, la Procureure de la République a rappelé l’importance du rôle des OPJ dans la chaîne judiciaire, soulignant que cette mission visait surtout à confronter la pratique quotidienne aux exigences de la loi.
Des recommandations pour améliorer les enquêtes
Au cours des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer la qualité du travail d’enquête et de garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables.
Parmi les difficultés relevées figure la requalification des infractions. Constatant que certains OPJ éprouvent des difficultés à qualifier juridiquement les faits faute de documentation appropriée, la Procureure de la République a remis à chaque CIAT et Sous-CIAT un exemplaire du Code pénal afin de renforcer leurs capacités juridiques.

Une justice plus respectueuse des droits humains
Au-delà de son caractère routinier, cette initiative traduit la volonté du parquet de renforcer la discipline judiciaire, d’améliorer la qualité des enquêtes et de garantir une justice plus respectueuse des droits humains. En veillant à la régularité des gardes à vue, à la bonne tenue des registres et à la qualification correcte des infractions, ces inspections contribuent à prévenir les abus, à protéger les libertés individuelles et à renforcer la crédibilité de l’institution judiciaire.
D’autres inspections annoncées
La Procureure de la République a annoncé que cette démarche ne se limitera pas au seul commissariat urbain de Mont-Ngafula. Ces visites d’inspection seront progressivement étendues aux autres commissariats relevant du ressort du parquet près le Tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema.
À travers cette initiative, le parquet entend réaffirmer son rôle de garant de la légalité et de la protection des droits des citoyens, piliers essentiels d’une justice équitable et efficace.
Zacharie Mikunga
