À Kinshasa, la voirie se dégrade à une vitesse inquiétante, malgré les efforts de réhabilitation engagés ces dernières années. Peu de temps après leur réfection, plusieurs artères retombent dans un état de délabrement avancé. Même les sauts-de-mouton récemment construits n’échappent pas à cette détérioration.
« Kinshasa zéro trou » : des résultats en deçà des attentes
L’opération « Kinshasa zéro trou », lancée durant le deuxième mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi, n’a pas produit les effets escomptés. Les nids-de-poule se multiplient, rendant la circulation difficile sur plusieurs axes stratégiques de la capitale.
Des axes stratégiques impraticables
Des artères comme l’avenue Shaba dans sa partie comprise entre l’avenue Ngiri-Ngiri et la maison communale de Bumbu, l’avenue Assossa au niveau de l’avenue Panzi (commune de Ngiri-Ngiri), l’avenue Manifeste (commune de Bumbu) ou encore l’avenue du 24 Novembre figurent parmi les plus touchées.
L’accès au cimetière de la commune de Kimbanseke depuis la place Sainte-Thérèse demeure particulièrement problématique, les travaux ayant été abandonnés à deux reprises. L’ancienne entrée dans la commune de N’djili séparant les quartiers 1 et 8 s’est fortement dégradée à partir du boulevard Lumumba jusqu’au niveau du marché Mangobo.
Sauts-de-mouton et ouvrages récents déjà affectés
Les sauts-de-mouton, notamment ceux de la RTNC, de Socimat et du boulevard Lumumba, présentent déjà des signes de dégradation. Pourtant, en vertu du principe de la garantie décennale, les entreprises ayant réalisé ces ouvrages devraient être tenues d’intervenir pour réparer les dommages constatés.
Lenteur des travaux et chantiers interminables
Plusieurs chantiers avancent à un rythme préoccupant. Le tronçon entre le rond-point Moulaërt et la Prison centrale de Makala accuse un retard important, sans voie de déviation prévue. L’avenue Saïo, à Ngiri-Ngiri, est devenue un chantier abandonné (heureusement que les travaux viennent de reprendre), tout comme certains axes dans la commune de Barumbu et dans la commune de Kinshasa, aujourd’hui enclavées. La commune de Kalamu présente également une voirie délabrée. Les automobilistes peinent à s’emouvoir dans cette municipalité pour se rendre au rond-point Ngaba et vice-versa.
Financement, marchés publics et manque de contrôle
De nombreuses entreprises évoquent des difficultés de financement pour justifier les retards. Certaines sources dénoncent également des irrégularités dans l’attribution des marchés publics. Pourtant, une route bien construite peut durer entre 10 et 15 ans si elle est correctement entretenue, avec une garantie de dix ans après les travaux.
La nécessité d’un contrôle rigoureux
En théorie, toute dégradation constatée avant la fin de la garantie décennale devrait être réparée aux frais de l’entreprise concernée. Or, ce principe n’a jamais été appliqué à Kinshasa. Les autorités sont ainsi appelées à renforcer le contrôle de la qualité des infrastructures et à faire respecter les engagements contractuels afin de mettre fin à la dégradation chronique de la voirie urbaine.
La Gazette du Continent
