À l’occasion de la Journée internationale des forêts, Greenpeace Africa a organisé le samedi 21 mars 2026 à Kinshasa un atelier thématique intitulé « Forêts et économies »
L’événement visait à souligner le rôle central des forêts dans le développement économique durable et à sensibiliser les acteurs locaux autorités, universitaires, ONG, communautés autochtones et jeunes aux enjeux de préservation et de gouvernance forestières en République démocratique du Congo (RDC).
Un thème d’actualité : forêts et prospérité économique
Pour 2026, la Journée internationale des forêts a retenu le thème « Forêt et économie », afin de rappeler que les forêts sont non seulement des puits de carbone et des réservoirs de biodiversité, mais aussi des moteurs de prospérité économique. Les forêts participent à la création d’emplois et de revenus par la production et le commerce de matières premières renouvelables, soutiennent l’agriculture familiale, améliorent la productivité agricole et préservent la santé des bassins hydrographiques. Elles offrent également des alternatives à forte valeur ajoutée pour une bioéconomie durable, susceptibles de remplacer des matériaux à forte intensité de carbone.
Intervenant lors du lancement l’activité, Yvonne Ibebeke, rectrice de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), a rappelé la place stratégique de la RDC dans les débats mondiaux sur les forêts. « Notre pays abrite environ 62 % des forêts du bassin du Congo et constitue le deuxième massif forestier tropical après l’Amazonie. Ces forêts ne sont pas seulement un patrimoine national : elles représentent un bien commun pour l’humanité », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le rôle des forêts dans la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et la subsistance de millions de personnes.
L’agriculture industrielle, exploitation illégale et gouvernance
Les intervenants ont également mis en lumière les pressions qui pèsent sur les forêts congolaises : expansion de l’agriculture industrielle et recours au brûlis, exploitation forestière illégale, projets pétroliers, gaziers et miniers, et faiblesse de la gouvernance foncière et forestière. Ces menaces compromettent non seulement les écosystèmes mais aussi les droits et les moyens de subsistance des peuples autochtones et des communautés locales, souvent premiers gardiens des forêts.
Yvonne Ibebeke a salué les réformes engagées par la RDC dans le domaine de la politique foncière et forestière, qu’elle a qualifiées d’étapes importantes pour améliorer la gestion durable des forêts et renforcer la protection des communautés locales. Ces réformes, ont-elles souligné, doivent s’accompagner d’un renforcement des capacités institutionnelles et d’un cadre de gouvernance transparent et inclusif.
Georges Milumbu, directeur pays de Greenpeace Africa, a insisté sur le lien indissociable entre forêt et économie : « La forêt n’est pas seulement une question de climat, c’est aussi une question d’économie. Toute la production économique provient de la forêt. Protéger la forêt, c’est aussi protéger l’économie du pays. » Il a appelé la jeunesse congolaise à devenir ambassadrice de ce message, et à mobiliser leurs pairs pour promouvoir des modes d’exploitation durables et des alternatives économiques basées sur la bioéconomie.
À savoir l’atelier a réuni des experts qui ont animé des sessions sur :
- les services écosystémiques fournis par les forêts et leur contribution aux économies locales ;
- les voies de développement d’une bioéconomie durable en RDC ;
- la gouvernance forestière, la transparence dans la chaîne de valeur et la lutte contre l’exploitation illégale ;
- l’importance du renforcement des droits fonciers des communautés et des peuples autochtones.
Parmi les recommandations émises figurent l’accélération des réformes foncières, l’intégration des communautés locales dans la gestion des ressources, le développement de filières forestières durables à forte valeur ajoutée (produits non ligneux, apiculture, agroforesterie), et la promotion d’une fiscalité et d’incitations favorables à la protection des forêts.
Cet atelier organisé par Greenpeace Africa à Kinshasa a permis de remettre au centre du débat public la double nature des forêts — écologique et économique — et d’appeler à une mobilisation collective pour préserver ce patrimoine vital. Dans un pays qui abrite une part majeure du massif forestier du bassin du Congo, la protection des forêts apparaît comme une condition sine qua non pour assurer la résilience climatique, la sécurité alimentaire et la prospérité économique des générations actuelles et futures.
Greenpeace Africa a annoncé la poursuite de ses actions de sensibilisation et de plaidoyer en 2026 et invite les décideurs, la société civile et les citoyens à se joindre aux initiatives locales visant à assurer une gestion durable et équitable des forêts congolaise.
La Gazette du Continent
