Nous sommes en 1968 à Kinshasa, un transfert à 1000 ou 1500 zaïres ce fut une fortune, beaucoup d’argent pour un joueur de football, l’équivalent des millions de dollars aujourd’hui.
Le joueur Kakoko Emmanuel âgé à l’époque de 18 ans méritait bien ce prix car c’était sa vraie valeur.
Venu tout- droit de FC Racing de Matete. Formé par un certain Tambwe Leya, l’entraîneur- pédagogue. Kakoko sera recruté en même temps que les Miolo Rigoudi, André Makelele en vue d’insuffler un sang nouveau au Daring -Faucon,’’ Imana matiti mabe ’’.
Ailier -gauche, jambes arquées, élégant, port- altier, Kakoko Emmanuel fut le gendre idéal ,un ailier capable de se transformer en un buteur redoutable. De son aile- gauche, il cherchait toujours à rentrer vers l’intérieur avant de décrocher un tir hyper-puissant avec sa jambe droite.
Il était aussi fort dans la détente aérienne, un coup de tête fort comme s’il tirait avec sa jambe gauche ou droite. Un joueur complet.
Son duo avec le capitaine Kidumu fera des merveilles, un duo complémentaire, l’arme fatale des Imaniens. L’arrivée de Kakoko mettra fin à une très longue tradition de domination des Dragons sur le Daring- Faucon pendant 10 ans sans battre les ’’Monstres’’,et grâce à Kakoko un certain dimanche de 1970, cette tradition prendra fin . 4- 2 en faveur de Daring avec un triplé d’un ’’Dieu du ballon’’tout feu tout flamme. Une perle rare.
C’était naturellement que Kakoko Emmanuel sera sélectionné en équipe nationale’’ les Léopards’’en 1970 pour une première participation à la CAN au Soudan, il signera alors un long bail avec la sélection nationale.
Titulaire inamovible à son poste, qui donnera l’idée à l’entraîneur yougoslave Blagoje Vidinic de le faire jouer à même temps que l’autre surdoué ailier, Mayanga Maku Adelard. On ne parlait pas encore de faux -ailier.
Kakoko en étant ailier et non pas un attaquant de pointe sera sacré meilleur buteur dans le championnat de Kinshasa pour la saison 1972 – 73 en marquant 34 buts, un fait rarissime dans l’histoire du football. Le CS Imana ’’Ajax de Kinshasa ’’.
Kakoko, demi- finaliste au Cameroun en 1972 avec les Léopards. Un transfert avorté à Saint -Étienne à l’époque de Pierre Garonnaire, lui et Mayanga Maku.
Kakoko sera en Égypte 1974 lors du sacre continental et le tout dernier, il sera aussi en 1976 en Éthiopie comme détenteur du trophée. Titulaire à la coupe du monde 1974 en Allemagne.
Kakoko Etepe va remporter plusieurs titres dans le championnat local et à la coupe du Zaïre avec un CS Imana constellé des étoiles : les Mbungu Tex, Kidumu Mantantu, Babayila, Mana Mambueni, Kakoma, Kuba, Lokondo, Longange, Bokomo, Montonga, Muwawa, Mandiki etc…
Kakoko Etepe a été nommé parmi les meilleurs joueurs africains (100 au total) du 20 ème siècle, un privilège qu’il partage avec un certain Bwanga Tshimen de TP Mazembe Englebert. Les deux congolais figurant sur la liste.
Kakoko Etepe s’était séparé étrangement de son club en 1977 pour s’exiler en Allemagne pour des raisons professionnelles et pour poursuivre sa carrière de footballeur peu ou prou à Saarbrucken, Stuttgart et Neukirchen. Mais ses heures de gloire furent déjà loin derrière.
Kakoko Etepe aujourdhui septuagénaire vit en Allemagne fédérale mais en grabataire. Malheureusement son fils Yannick Kakoko, footballeur professionnel, n’a pu égaler le talent de son père.
Le Daring -Faucon qui avait déboursé 1500 Z pour recruter kakoko Etepe en 1968 ,avait payé le juste prix et n’avait pas investi en pure perte.
Dary-Abega
