Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC, Bruno Lemarquis, a publié le 6 mars 2026 à Kinshasa un message à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars 2026. Placée sous le thème mondial « Droits. Justice. Action.
Pour toutes les femmes et les filles », cette journée rappelle que l’égalité entre les femmes et les hommes constitue à la fois un droit fondamental et une condition essentielle pour bâtir une paix durable.
Un thème national axé sur les droits et l’autonomisation
En République Démocratique du Congo, le Gouvernement et ses partenaires, dont le Système des Nations Unies, ont retenu pour cette édition le thème : « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et filles ». Selon Bruno Lemarquis, ce choix résonne particulièrement dans un pays où les femmes et les filles continuent de subir de manière disproportionnée les effets des conflits, des violences, des déplacements forcés et des inégalités structurelles.
À cette occasion, il a rappelé que les droits des femmes ne peuvent être ni négociés ni relativisés, et doivent être respectés, protégés et pleinement réalisés partout et pour toutes.
Des défis persistants face aux violences et aux discriminations
Malgré certains progrès, de nombreuses femmes et filles demeurent confrontées aux violences basées sur le genre, aux discriminations ainsi qu’à des obstacles persistants, notamment en matière d’accès à la justice et aux opportunités économiques.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et l’impunité, garantir leurs droits constitue, selon le responsable onusien, un impératif moral, juridique et politique.
L’appui des Nations Unies à la lutte contre les violences
Le Système des Nations Unies indique travailler aux côtés du gouvernement congolais afin de transformer les droits des femmes en réalités concrètes.
Cet appui passe notamment par le renforcement de la Commission nationale des droits de l’homme, afin de mieux documenter et suivre les cas de violences basées sur le genre.
Les Nations Unies soutiennent également la prise en charge multisectorielle des survivantes, notamment à travers l’amélioration de l’accès à la justice, aux soins de santé, au soutien psychosocial et aux programmes de réinsertion, y compris professionnelle.
Par ailleurs, les cliniques juridiques et les audiences foraines ont contribué à la condamnation de plusieurs auteurs de violences sexuelles, renforçant ainsi la lutte contre l’impunité.
Prévention et transformation des normes sociales
Les efforts portent également sur la prévention, notamment grâce à la formation des officiers de police judiciaire, des enseignants et des leaders communautaires afin de prévenir les violences et de contribuer à transformer durablement les normes sociales.
L’autonomisation économique comme levier de résilience
L’autonomisation économique des femmes demeure un axe majeur des programmes soutenus par les Nations Unies. Dans les zones affectées par les crises, les déplacements et l’insécurité alimentaire, plus de 100.000 femmes ont été formées aux techniques agricoles améliorées, ce qui renforce leur productivité et leur capacité d’adaptation face aux chocs climatiques et sécuritaires.
En outre, plus de 10.000 Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit permettent aux femmes d’accéder à l’épargne, au crédit et à l’investissement productif. Les Nations Unies accompagnent également la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’autonomisation économique des femmes dans l’agriculture.
Un engagement collectif pour l’égalité
Réaffirmant une politique de tolérance zéro face aux violences basées sur le genre, Bruno Lemarquis a souligné que défendre les droits des femmes et des filles revient à assumer une responsabilité collective.
Il s’agit, selon lui, de renforcer la justice sociale, de transformer les normes, de promouvoir des politiques inclusives et de garantir que chaque femme et chaque fille puisse vivre dans la dignité, la sécurité et l’égalité.
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il appelle enfin le gouvernement, les partenaires, la société civile et les communautés à renouveler leur engagement afin qu’aucune femme et aucune fille ne soit laissée pour compte.
La Gazette du Continent
