Il y a 43 ans, le 11 février 1983, l’un des pionniers de la musique moderne Congolaise disparaissait.
On dit de lui qu’il est le père fondateur de la musique moderne Congolaise. De son vrai nom Joseph Athanase Kabasele Tshamala est né le 16 décembre 1930 à Matadi dans le Kongo Central, il est le fils d’André Tshamala et d’Hortense Malula, la sœur du Cardinal Joseph Malula. Quelques jours après sa naissance, sa famille s’installe à Léopoldville dans la commune de Kinshasa.
Il débute ses études primaires en 1936 au Collège Saint Joseph et secondaires à l’école moyenne de Saint Raphaël. Passionné de la musique ,très jeune, il fait partie des chorales paroissiales. A 19 ans, il s’engage totalement dans la chanson, anime les séances publiques et veillées mortuaires puis est engagé dans l’OTC (Orchestre de Tendance Congolaise) de Georges Doula . Il sort ses premières oeuvres et succès Chérie Loboga, Para Fifi etc….

Le nom de Joseph Kabasele évoque la musique moderne. Il est indéniable qu’il est parmi les pionniers qui ont apporté une contribution considérable à l’histoire de la musique congolaise, puisque c’est lui qui le premier a mis en évidence les possibilités d’une orchestration moderne.
Il est le père fondateur de la musique moderne, il crée en 1953, l’African Jazz, il révolutionne la musique en introduisant les trompettes et des instruments électroniques. Il était entouré de grands artistes, des guitaristes Emmanuel Tshilumba wa Baloji « Tino Baroza » et Charles Mwamba « Dechaud », Lucie Eyenga, Docteur Niko, Tabu Ley plus tard en 1959.
Le premier concert de Tabu Ley aura lieu au bar « Vis-à-vis », le 6 juin 1959 (en même temps de Mujos), il ne commencera dans l’African Jazz qu’au retour de l’orchestre de Bruxelles pour la Table Ronde.
Manu Dibango a intégré l’African Jazz en 1961, Joseph Kabasele a découvert Manu à Bruxelles, dans le Night Club « les Anges Noirs ».
Il crée en 1960 sa propre maison de disques, Surboum African Jazz, qui devient un véritable tremplin pour les musiciens et envoie les meilleurs orchestres enregistrer dans les meilleurs studios de Bruxelles. Il est le premier musicien africain à se produire en Belgique et ce, à l’occasion de la fameuse Table ronde au cours de laquelle devait se décider l’avenir de l’ex-Congo Belge.
Très engagé politiquement, il était très proche de Patrice Lumumba-il est lumumbiste -, sa chanson Indépendance Cha Cha est un véritable hymne national de l’Afrique libre et émancipée.
Les Congolais fêtent, dansent l’indépendance, en reprenant en chœur tous les noms des héros du pays – Bolikango, Kasa-Vubu, Lumumba, Tshombe, Kamitatu, Essandja, Mbuta Kanza. Cette chanson fera le tour de l’Afrique, véritable tube panafricain, cette chanson deviendra le chant d’adhésion et de ralliement de toutes les indépendances.
Angélique Kidjo, marraine de la saison Africa 2020, a repris sur son dernier opus “Indépendance Cha Cha”, hymne des mouvements d’indépendance africaine composée par le Grand Kallé.
Malheureusement son engagement pour l’unité africaine lui coûta cher, surtout après la mort de Patrice Lumumba. Il sera abandonné en 1963, après une tournée triomphale en Afrique de l’Ouest, par tous ses musiciens qui sont allés formés l’African Fiesta.
En avril 1964 Joseph Kabasele fait appel à Jeannot Bombenga de Vox Africa, l’African Jazz sera renforcé par les guitaristes Antoine Nedule « Papa Noël » et Jacques Mambau « Jacky » qui donna naissance à L’African Jazz « Nouvelle formule ».
En 1966, Grand Kallé enregistre à Paris avec quelques anciens musiciens de l’African Jazz, dont Joseph Mulamba, Casimir Mbilia « Casino » Jeannot Bobenga, Jean Serge Essous, Tino Baroza.
En 1967, il se sépare de Jeannot Bobenga. Celui-ci réhabilite son orchestre Vox Africa. Grand Kallé aura du mal à se relancer.
Il ne s’en remettra plus , il s’exile à Paris où il crée l’orchestre African Team aux côtés de Manu Dibango, Jean Serge Essous , mais la chance lui tourne le dos.
Grand Kallé tombe malade, il bénéficie d’une prise en charge du Président de la république Mobutu. De retour à Kinshasa,il meurt à l’âge de 53 ans, le 11 février 1983.
La rumba congolaise a fait son entrée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. N’est-ce pas une reconnaissance posthume du Congo , du Grand Kallé et d’autres pionniers de la musique Congolaise.
Jean-Claude Mombong Mass
