Dans le territoire d’Irumu, une nouvelle alerte sécuritaire met en lumière des pressions exercées sur des populations civiles en milieu rural. Plusieurs habitants du village Bwanasula, situé dans le groupement Bandavilemba, affirment être contraints de payer des jetons à des présumés combattants des ADF pour accéder à leurs champs.
L’information a été rendue publique par l’Association pour la promotion des droits des enfants et la protection des femmes vulnérables ce jeudi 19 mars 2026. Selon cette organisation, un meeting attribué à ces rebelles s’est tenu le 16 mars 2026 dans la zone, au cours duquel des cultivateurs auraient été sensibilisés, voire contraints, à s’acquitter de ces paiements.
D’après des sources locales concordantes, cette pratique s’inscrirait dans une dynamique de pression sur les populations civiles vivant dans des zones affectées par l’insécurité. Plusieurs témoignages évoquent une forme de contrôle exercé par des groupes armés sur certaines activités agricoles, considérées comme essentielles à la survie des ménages.
Contacté à ce sujet, Christophe Munyanderu, acteur de défense des droits humains, dénonce une exploitation des populations locales. Il appelle les cultivateurs à ne pas céder à ces exigences, tout en reconnaissant la vulnérabilité des habitants face à la menace sécuritaire persistante.
Cet appel intervient dans un contexte où les Forces armées de la République démocratique du Congo poursuivent leurs opérations dans plusieurs zones du territoire. Selon certaines sources, ces opérations auraient réduit les capacités logistiques des groupes armés, qui chercheraient désormais à s’approvisionner en exerçant une pression accrue sur les populations civiles.
Par ailleurs, la situation sécuritaire dans plusieurs entités du territoire d’Irumu reste préoccupante, marquée par des attaques récurrentes, des déplacements de populations et une insécurité persistante dans les zones rurales.
Aucune réaction officielle des autorités locales ou militaires n’a été enregistrée au moment de la rédaction de cet article. Toutefois, des organisations de la société civile appellent à un renforcement urgent des dispositifs sécuritaires afin de garantir la protection des civils.
Face à cette situation, plusieurs acteurs locaux insistent sur la nécessité d’une collaboration accrue entre la population et les services de sécurité, afin de signaler tout mouvement suspect et prévenir d’éventuelles exactions dans cette partie de la province de l’Ituri.
Magloire Mutulwa
