L’image restera gravée dans les mémoires des Iraniens. Ce dimanche, à 05 heures du matin (02h30 à Paris), un présentateur de la télévision d’État a annoncé, en sanglotant, le décès de l’ayatollah Ali Khamenei. Le guide suprême, au pouvoir depuis 1989, s’est éteint à l’âge de 86 ans.
Si l’antenne diffuse depuis lors des images d’archives barrées d’un bandeau noir en signe de deuil, les autorités n’ont pas précisé les circonstances exactes de sa mort. Le média officiel a notamment passé sous silence les frappes israéliennes et américaines ayant visé sa résidence à Téhéran la veille.
La réaction de l’appareil sécuritaire ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué d’une grande fermeté, les Gardiens de la révolution ont condamné des « actes criminels et terroristes » imputés aux États-Unis et au « régime sioniste ». Jurant d’infliger un « châtiment sévère et décisif » aux auteurs de ce qu’ils qualifient d’assassinat de « l’imam de la Oumma », l’élite militaire iranienne prévient que sa « main vengeresse ne les lâchera pas ».
Sur le plan national, un deuil de 40 jours a été décrété, dont sept jours fériés. Dès l’annonce de la nouvelle, des milliers de personnes, pour la plupart vêtues de noir, ont convergé vers la place Enghelab à Téhéran. Entre larmes et slogans hostiles (« À mort l’Amérique ! », « À mort Israël ! »), la foule a rendu hommage à celui qui dirigeait le pays depuis plus de trois décennies.
Dans ce contexte d’extrême instabilité, la question de la succession est déjà tranchée pour la période de transition. Selon Mohammad Mokhber, l’un des conseillers du défunt guide, la direction du pays sera assurée par un triumvirat composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution.
À l’international, les réactions commencent à affluer, reflétant la fracture diplomatique autour de Téhéran. Le Premier ministre australien a d’ores et déjà tranché, estimant que la mort d’Ali Khamenei « ne sera pas pleurée ».
Tenplar Ngwadi
