L’odeur est devenue aussi insupportable que le spectacle des déchets qui jonchent le sol. Au marché Selembao, situé dans la commune de Bumbu, l’exaspération a atteint son paroxysme. Vendeurs, acheteurs et riverains dénoncent d’une seule voix l’état de délabrement hygiénique de ce centre de négoce, fréquenté quotidiennement par des milliers de Kinois.
Au cœur de la colère : le contraste frappant entre le paiement régulier des taxes et l’absence totale de services d’assainissement. « Il est inimaginable que les autorités municipales de Bumbu et Selembao n’arrivent pas à assainir durablement cet espace », s’indigne un jeune habitant au micro de la Gazette du Continent.

Pour les usagers, la responsabilité est locale. Si les commerçants sont appelés à respecter les règles d’hygiène, les critiques visent principalement les services spécialisés des communes. « Ce n’est ni le président, ni le gouverneur qui doivent assainir un marché communal, c’est aux autorités municipales de faire leur travail », rappelle un riverain, pointant du doigt une mise en danger délibérée de la santé publique.
Cette crise met en lumière un problème structurel plus profond. La commune de Selembao ne disposant pas de son propre marché communal, ses habitants sont contraints de se rabattre sur le marché « Libération » à Bumbu.
Face à cette situation, les résidents lancent un « cri du cœur » au gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba. Ils plaident pour la construction d’une infrastructure moderne et digne de ce nom au sein même de la commune de Selembao. Pour ces Kinois, seule une réponse forte de l’exécutif provincial permettra de briser le cycle de l’insalubrité et d’offrir un cadre de commerce sécurisé aux bénéfices des populations locales.
DK
