La tension monte d’un cran sur la scène internationale. Le président américain Donald Trump a menacé, le mardi 2 mars 2026, de rompre les relations commerciales avec l’Espagne.
La raison de cette fureur diplomatique ? Le refus catégorique du gouvernement espagnol de laisser Washington utiliser deux de ses bases militaires, situées en Andalousie, dans le cadre de la guerre en Iran. Il s’agit des bases navales de Rota et aériennes de Morón, des installations héritées d’un accord bilatéral de 1953.
Un refus espagnol motivé par des « objectifs peu clairs »
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump reproche à l’Espagne son manque de coopération. Le président américain cible également le non-respect par Madrid de l’objectif de dépenses militaires de 5% du PIB fixé par l’OTAN, un objectif fortement poussé par Washington. « L’Espagne a été très, très peu coopérative », a regretté le chef de l’État américain.
Face à ces menaces, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a fermement défendu la position de son pays. « Non à la guerre ! », a-t-il déclaré mercredi, qualifiant l’intervention contre l’Iran de « désastre ». Selon lui, cette opposition est partagée par « de nombreux autres gouvernements » et « des millions de citoyens » en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, qui aspirent à une résolution diplomatique plutôt qu’à une escalade des hostilités.
Sánchez a justifié ce refus en invoquant des objectifs américains et israéliens « pas clairs » contre l’Iran, et a ajouté que l’Espagne ne serait pas complice d’une action qui, selon lui, « est mauvaise pour le monde » et contraire à ses valeurs et intérêts. Il a également critiqué l’usage de la guerre comme « écran de fumée » pour masquer des échecs politiques.
Madrid assure de sa fiabilité, Bruxelles veille au grain
Le gouvernement espagnol a réagi aux propos de Donald Trump dans un communiqué, affirmant que l’Espagne est un « partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde ». Madrid a précisé que toute révision de la relation commerciale devrait respecter l’autonomie des entreprises privées, la légalité internationale et les accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis. Le pays se dit paré pour contenir d’éventuels impacts et diversifier ses chaînes d’approvisionnement.
Du côté de la Commission européenne, la position est claire : « La Commission va s’assurer que les intérêts de l’Union européenne soient pleinement protégés. Nous sommes solidaires de tous les Etats membres et de leurs citoyens et sommes prêts à réagir si nécessaire, à travers notre politique commerciale commune, pour défendre les intérêts de l’UE », a indiqué un porte-parole. Bruxelles attend des États-Unis qu’ils respectent pleinement leurs engagements dans le cadre de l’accord commercial conclu l’an dernier, tout en réaffirmant sa volonté de relations transatlantiques « stables, prévisibles et mutuellement bénéfiques ».
Tenplar Ngwadi
