À peine arrivée à Goma la veille, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo a entamé ses consultations. Ce vendredi 13 février 2026, elle a rencontré les autorités politico-militaires de l’Alliance Fleuve Congo/M23 dans le cadre du suivi des mécanismes de vérification du cessez-le-feu.
Cette mission intervient au lendemain de son atterrissage, jeudi 12 février, à l’aéroport international de Goma, resté longtemps fermé à tout trafic aérien. Cette reprise partielle des activités aériennes marque une étape opérationnelle dans le déploiement des dispositifs liés au cessez-le-feu.
La rencontre s’est tenue dans la ville de Goma, sous contrôle de l’Alliance Fleuve Congo/M23 depuis le 27 janvier 2025, dans un contexte sécuritaire toujours fragile mais marqué par des initiatives diplomatiques en cours.
Au sortir des échanges, la cheffe par intérim de la MONUSCO, Vivian van de Perre, a précisé que les discussions ont porté sur la mise en œuvre concrète des engagements pris.
« Nos échanges avec l’Alliance Fleuve Congo/M23 ont principalement porté sur la mise en œuvre de mécanismes concrets de suivi et de vérification du cessez-le-feu (…) Il est essentiel que l’engagement pris se traduise rapidement en dispositions opérationnelles claires, crédibles et vérifiables sur le terrain », a-t-elle déclaré devant la presse.
Elle a rappelé que, conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité, la mission onusienne est mandatée pour soutenir un cessez-le-feu permanent, notamment à travers son appui technique et logistique aux mécanismes conjoints de vérification, dont l’EJVM+. Elle a également insisté sur le fait que toute action de la mission se fera dans le strict respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Du côté de l’AFC/M23, les responsables du mouvement ont réaffirmé leur attachement au processus engagé à Doha. Ils disent reconnaître le rôle de la MONUSCO dans l’appui au suivi du cessez-le-feu et à la coordination logistique des mécanismes de vérification.
Le mouvement indique toutefois ne pas être informé des initiatives parallèles évoquées dans d’autres cadres régionaux, notamment celles portées par l’Angola. Ses responsables affirment rester focalisés sur les engagements pris dans le cadre du processus de Doha, tout en accusant Kinshasa de violations du cessez-le-feu, des allégations qui n’ont pas été commentées officiellement par les autorités congolaises.
Pendant ce temps, à Kinshasa, la présidence congolaise a annoncé le même vendredi avoir accepté le principe d’un cessez-le-feu dans l’Est du pays. Cette décision s’inscrit dans une initiative portée par João Lourenço, président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine, visant à favoriser un retour durable à la paix dans la région des Grands Lacs.
Dans son communiqué, la présidence congolaise précise que cette adhésion s’inscrit dans le prolongement du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu signé le 14 octobre 2025 à Doha, censé garantir une cessation effective des hostilités, le gel des positions militaires et la protection des populations civiles.
Magloire Mutulwa
