La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, est sous le contrôle de la rébellion de l’AFC-M23 depuis janvier 2025.
Ce vendredi 2 janvier 2026, des appels à une marche pacifique contre la présence de ce mouvement politico-militaire dans la ville ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment à travers des tracts et des vidéos devenus viraux.
Dans la matinée, Goma s’est réveillée avec une circulation jugée timide par plusieurs observateurs. Certaines boutiques et quelques magasins n’ont pas ouvert comme à l’accoutumée. Toutefois, aucune indication formelle ne permettait d’établir si cette situation était liée à la crainte d’éventuelles manifestations ou simplement aux effets du lendemain des célébrations du Nouvel An.
Face à la diffusion de rumeurs évoquant une possible journée de « ville morte », le maire de Goma, Julien Katembo Ndalieni, nommé par l’AFC-M23, a effectué une tournée d’inspection dans différents quartiers de la ville. Selon des informations communiquées par la cellule de communication de la mairie, cette visite visait à évaluer la situation réelle sur le terrain.
Du quartier Mapendo jusqu’au centre-ville, en passant par l’avenue du Commerce, le marché Virunga, le marché Ki-30 à Majengo, la station Simba à Ndosho et la place Amour à Mugunga, l’autorité urbaine affirme avoir constaté la poursuite normale des activités. D’après la mairie, la population n’aurait pas suivi les appels à la grève relayés sur les réseaux sociaux.
S’exprimant dans le quartier des Volcans, le maire de Goma a déclaré que « les activités se sont déroulées normalement » et a estimé que les rumeurs diffusées en ligne n’avaient pas été observées par la population.
Des témoignages recueillis auprès de certains habitants font également état d’une situation calme. Une vendeuse du quartier Mapendo a affirmé avoir exercé son activité sans incident, évoquant une absence de troubles majeurs durant les célébrations du Nouvel An. Des propos similaires ont été rapportés par le chef du quartier Majengo, Habaweze Maliro, qui a indiqué que son entité était restée calme et que les habitants vaquaient librement à leurs occupations.
Les conducteurs de motos-taxis, tout comme plusieurs commerçants, ont également circulé et travaillé de manière habituelle, selon des constats locaux.
Par ailleurs, des informations non confirmées ont circulé concernant de possibles arrestations de jeunes présumés organisateurs de la marche anti-AFC/M23. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, un activiste des droits humains et membre du mouvement Lutte pour le Changement (LUCHA), Sankara Bin Kartumwa, a évoqué l’interpellation de plusieurs jeunes par des services de renseignement de l’AFC-M23. Ces allégations n’ont, à ce stade, pas été confirmées par les autorités du mouvement.
Il convient de rappeler que ces derniers jours, des manifestations ont été signalées à Goma, dans le territoire voisin de Nyiragongo, ainsi qu’à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Ces mouvements ont donné lieu à diverses interprétations, certains analystes évoquant des mobilisations spontanées, tandis que d’autres estiment que certaines populations exprimeraient une adhésion partielle à l’administration actuelle.
Ces événements interviennent après plusieurs mois sans manifestations de grande ampleur dans les zones contrôlées par l’AFC-M23, depuis la prise de contrôle de ces entités par la rébellion. Le gouvernement congolais l’accuse d’être soutenue par le Rwanda via son armée RDF.
La Gazette du Continent
