Après les turbulences, l’heure du redressement. Le Conseil d’administration du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) est réuni en session extraordinaire du 2 au 5 mars 2026 à Kinshasa.
Cette rencontre intervient après la suspension des activités du Fonds, consécutive aux enquêtes menées par les autorités judiciaires sur des allégations de détournement de fonds, de corruption et de manipulation du fichier des victimes.
« Aujourd’hui, nous nous réunissons en conseil extraordinaire à la demande de notre tutelle, notamment les ministères de la Justice et des Finances, ainsi que de la Coordination qui assure la gestion quotidienne du FRIVAO, afin de définir les actions prioritaires à mener dans les mois et années à venir et organiser le déploiement de nos équipes dans les provinces concernées », a déclaré le président du Conseil d’administration, Dismas Kitenge.
Un mandat clair : réparer les préjudices des victimes
Établissement public, le FRIVAO a pour mission d’indemniser les victimes individuelles et collectives des exactions commises entre 1998 et 2003 lors de la présence de l’armée ougandaise dans l’ex-Province Orientale. Plus de 10.000 victimes ont déjà bénéficié d’indemnisations individuelles à Kisangani, où se situe le siège du Fonds. Des réparations collectives ont également été réalisées, notamment à travers l’appui au projet d’électrification de la centrale hydroélectrique de la Tshopo, qui alimente la ville de Kisangani en électricité.
Des fonds ont aussi été alloués à des projets de réparation impliquant l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
À l’ordre du jour : audit, redressement et déploiement
Les administrateurs examinent notamment : l’état des lieux du FRIVAO et l’évaluation de la mise en œuvre des résolutions antérieures ; le plan de redressement ; l’audit du fichier des victimes ; l’examen de la situation des dépôts à terme ; le déploiement effectif dans les quatre provinces du ressort du Fonds : Tshopo, Ituri, Haut-Uele et Bas-Uele. Le mandat du FRIVAO couvre les territoires de l’ancienne Province Orientale. Si les activités ont débuté à Kisangani, l’objectif est désormais d’étendre effectivement les opérations aux autres provinces concernées.
Fin des scandales, place à la relance
Les responsables affirment que la phase des enquêtes est désormais dépassée, après des arrestations et des poursuites judiciaires. « Cette période est derrière nous. Nous nous projetons vers le déploiement dans les autres provinces, sans oublier Kisangani, qui reste la base de notre travail », a rassuré Dismas Kitenge.
Le coordonnateur du FRIVAO, François Mwarabu, parle d’« une étape déterminante après les zones de turbulence qu’a connues le processus ». Selon lui, les orientations issues de cette session permettront d’éviter la répétition des dysfonctionnements passés.
Des fonds encore disponibles et des montants récupérés
Les dirigeants tiennent à rassurer les victimes : les ressources du Fonds ne sont pas épuisées.
Une partie des montants détournés a été restituée, notamment 19 millions de dollars américains récupérés à l’issue d’un procès qualifié d’historique. Un état des lieux financier complet sera présenté afin d’établir la programmation et la planification des prochaines indemnisations.
Le siège reste à Kisangani
Face aux rumeurs, le président du Conseil d’administration a précisé que le siège du FRIVAO n’a pas été transféré à Kinshasa.
« Aucune autorité n’a décidé du déplacement du siège. Il demeure à Kisangani conformément aux textes qui régissent le Fonds. La présence temporaire à Kinshasa répond à des impératifs de sécurité et de conditions de travail », a-t-il indiqué. Le message est clair : le FRIVAO n’est pas exclusivement destiné aux victimes de Kisangani. Son mandat concerne l’ensemble des territoires affectés par les événements survenus entre 1998 et 2003 dans l’ex-Province Orientale.
Un engagement renouvelé envers les victimes
À l’issue de cette session extraordinaire, le Conseil devra fixer des orientations précises à la Coordination, organe d’exécution du Fonds, pour une reprise effective et harmonieuse des activités.
Les responsables appellent les victimes à la patience et à la confiance, assurant que le processus est relancé et que les décisions prises seront rapidement traduites sur le terrain.
Zacharie Mikunga
