Le ton se durcit radicalement entre Washington et Téhéran. Interrogé ce vendredi 13 février à sa sortie de la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, Donald Trump a déclaré qu’un « changement de régime » en Iran serait « la meilleure chose qui puisse arriver ».
Justifiant cette position, le président américain a fustigé l’immobilisme diplomatique des dernières décennies : « Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies », a-t-il martelé.
Si Donald Trump n’a pas désigné de successeur potentiel au Guide suprême Ali Khamenei, il a assuré que « des gens » étaient prêts à prendre le pouvoir. Cette déclaration marque une rupture avec ses propos tenus lors de la « guerre de 12 jours » déclenchée par Israël en juin dernier, où il avait alors rejeté l’idée d’un renversement par crainte du « chaos ».
La démonstration de force : 2 porte-avions dans le Golfe
Parallèlement à cette offensive diplomatique, la pression militaire s’intensifie. Donald Trump a confirmé le déploiement imminent de l’USS Gerald Ford, le plus grand navire de guerre au monde, pour rejoindre le Golfe persique. Ce fleuron de la marine américaine viendra prêter main-forte à l’USS Abraham Lincoln, déjà positionné dans la région depuis janvier dernier.
Ce dispositif massif est complété par un réseau sécuritaire dense :
- Des destroyers et navires de combat stationnés à Bahreïn ;
- De nouveaux systèmes de défense antiaérienne déployés au Qatar ;
- Des chasseurs repositionnés en Jordanie.
Des négociations dans l’impasse à Oman
Cette démonstration de force intervient alors que les discussions diplomatiques, reprises le 6 février à Oman, semblent au bord de la rupture. Les positions entre les deux capitales demeurent diamétralement opposées. Les États-Unis, soutenus par Israël, exigent :
- L’arrêt total de l’enrichissement d’uranium ;
- Le démantèlement du programme de missiles balistiques ;
- La fin du soutien aux groupes armés (Hamas, Hezbollah).
De son côté, le président iranien Masoud Pezeshkian refuse de céder à ces « demandes excessives », exigeant une levée préalable des sanctions en échange de discussions limitées au seul dossier nucléaire. Mercredi dernier, après avoir reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche, Donald Trump avait pourtant réaffirmé sa volonté d’obtenir un accord, tout en pressant Téhéran de se plier aux exigences américaines.
Tenplar Ngwadi
