« Ceci est l’âge d’or de l’Amérique. » C’est par ce slogan, martelé devant le Congrès mardi 24 février 2026, que Donald Trump a résumé sa vision du pays.
Dans une allocution record d’une heure et quarante-sept minutes, le dirigeant de 79 ans a célébré son action sans esquisser le moindre changement de cap, malgré un mécontentement populaire persistant.
Pour le camp républicain, ce discours devait servir de rampe de lancement idéale avant les législatives cruciales de novembre prochain.
Une économie « florissante » face au scepticisme
Sous les acclamations des élus de son camp scandant « USA, USA, USA », Donald Trump a dressé un tableau idyllique de la situation nationale : « L’inflation chute, les revenus augmentent vite, l’économie est florissante comme elle ne l’a jamais été ».
Pourtant, cette euphorie présidentielle se heurte à une réalité plus nuancée dans l’opinion. Selon un sondage YouGov/Marketwatch publié le jour même, près de 47 % des Américains estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Une impopularité croissante qui inquiète les conservateurs, alors que les « midterms » pourraient leur coûter la majorité au Congrès cet automne.
Offensive contre les démocrates et l’immigration
Fidèle à sa rhétorique, le président américain n’a pas ménagé l’opposition. S’il a évité les injures habituelles de ses meetings, il a tout de même lancé un cinglant « Vous devriez avoir honte » aux élus démocrates restés assis lors de l’évocation de sa politique de lutte contre l’immigration illégale.
Donald Trump a profité de l’occasion pour réclamer une loi imposant la présentation d’une pièce d’identité pour voter, tout en évoquant, sans preuves, des fraudes massives dans les élections et les aides sociales qu’il attribue aux immigrés. Il a d’ailleurs annoncé avoir chargé son vice-président, JD Vance, d’une mission de lutte contre les détournements d’aides sociales, ciblant spécifiquement certains États dirigés par l’opposition.
Une unité de courte durée
La soirée a toutefois offert un rare moment de concorde lorsque les joueurs de l’équipe de hockey sur glace, récemment sacrés champions olympiques, sont entrés dans l’hémicycle. Médailles d’or au cou, ils ont été acclamés par les deux camps.
Mais les tensions sont vite réapparues. Des parlementaires démocrates ont contesté à voix haute les affirmations du président prétendant avoir mis fin à huit conflits dans le monde. « Malades », leur a-t-il rétorqué.
Retenue face à la Cour suprême
L’un des moments les plus scrutés a été l’échange de Donald Trump avec les quatre juges de la Cour suprême présents. Malgré une décision récente de l’institution invalidant une partie de ses droits de douane — un revers majeur pour sa stratégie protectionniste — le président a fait preuve de retenue. S’il a qualifié la sentence de « très regrettable », il n’a pas lancé les attaques personnelles virulentes dont il est coutumier. Convaincu de sa force, l’ancien promoteur immobilier assure déjà pouvoir poursuivre son offensive protectionniste par d’autres voies légales.
Pour Chuck Schumer, chef de file des sénateurs démocrates, ce discours restera celui d’un président « déconnecté de la réalité ». Reste à savoir si la méthode Trump suffira à convaincre les électeurs d’ici novembre.
Tenplar Ngwadi
