C’est à Chappaqua, dans l’État de New York, qu’Hillary Clinton a fait face aux élus d’une commission de la Chambre des représentants à majorité républicaine. Au cœur des interrogations : la nature des relations entre le couple Clinton et Jeffrey Epstein, le financier condamné pour crimes sexuels et mort en prison en 2019.
Loin de se laisser déstabiliser, l’ancienne candidate à la présidence a profité de cette tribune pour porter l’offensive contre Donald Trump.
« Je n’ai jamais rencontré Jeffrey Epstein »
Avant même son audition, Hillary Clinton avait donné le ton sur le réseau social X. Elle y fustigeait le manque de « sérieux » de la commission, affirmant que si les élus voulaient réellement la vérité sur les crimes d’Epstein, ils demanderaient « directement à notre président actuel [Donald Trump] de s’expliquer sous serment sur des dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier ».
À l’issue de son témoignage, elle a réitéré ses propos devant la presse, assurant n’avoir « jamais rencontré Jeffrey Epstein », n’être « jamais allée sur son île, ni dans son bureau ».
Interrogée sur les liens de son époux, l’ancien président Bill Clinton dont les voyages à bord du jet privé d’Epstein et les photographies en sa compagnie sont documentés, Hillary Clinton a maintenu une ligne de défense constante : il n’était au courant de rien. Selon elle, Bill Clinton a mis fin à cette relation « plusieurs années avant que quoi que ce soit concernant ses activités criminelles ne soit révélé ». Elle a rappelé que la « grande majorité » des contacts d’Epstein avant son premier aveu de culpabilité en 2008 ignoraient tout de ses agissements.
James Comer, président républicain de la commission, a toutefois fait part de son insatisfaction, notant qu’Hillary Clinton avait renvoyé une « douzaine » de questions vers son mari. Ce dernier doit être auditionné prochainement, après quoi l’enregistrement de l’audition de jeudi devrait être rendu public.
Donald Trump sous le feu des critiques démocrates
L’audition a été marquée par des tensions, notamment une brève interruption après qu’une élue républicaine, Lauren Boebert, a diffusé une photo de Hillary Clinton en violation des règles de confidentialité.
De leur côté, les élus démocrates ont contre-attaqué en dévoilant de nouveaux éléments ciblant Donald Trump. Des rapports médiatiques suggèrent que le ministère de la Justice aurait entravé la publication de documents liés aux accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement, alors qu’elle était mineure, par Jeffrey Epstein et Donald Trump. Le représentant démocrate Robert Garcia a immédiatement exigé que le président soit « convoqué pour témoigner », évoquant des faits de « violence sexuelle très graves ».
Cette audition intervient après des mois de bras de fer. Bill et Hillary Clinton, initialement convoqués en octobre, n’avaient accepté de comparaître qu’en janvier dernier, sous la menace de poursuites pour entrave au Congrès. Ce dossier, qui a déjà vu le témoignage de Ghislaine Maxwell depuis sa prison le 9 février dernier, continue de secouer la classe politique américaine.
Tenplar Ngwadi
