Le paysage politique congolais frémit. Dans un message diffusé sur son compte Twitter, l’opposant Martin Fayulu, président du parti Écidé, a lancé un appel solennel à la cohésion. Face à ce qu’il qualifie de « danger de mort » pour le pays, l’ancien candidat à la présidentielle exhorte ses compatriotes à se lever unis.
« Refusons la fatalité. Choisissons la patrie. Construisons enfin cette cohésion nationale, fruit espéré de tant de sacrifices, que le sang versé n’a jamais vu naître », a-t-il déclaré, concluant son message par un vibrant « Vive le dialogue national inclusif ». Pour Fayulu, ce dialogue est présenté comme l’unique issue pour le sauvetage de la RDC.
Le cadre de Tshisekedi : entre souveraineté et Constitution
De son côté, le Président de la République Félix Tshisekedi semble prêt à ouvrir la porte à ces discussions, mais pas à n’importe quel prix. Afin de lever toute ambiguïté, le chef de l’État a énuméré une série de conditions non négociables qui définissent un cadre strictement institutionnel.
Premièrement, le président insiste sur la dimension nationale du processus : le dialogue doit se tenir exclusivement sur le sol congolais, sous l’égide des institutions de la République et dans le respect rigoureux de la Constitution. Pour Kinshasa, il ne s’agit pas de créer un mécanisme qui viendrait se substituer aux obligations internationales ou qui servirait à « relativiser une agression » extérieure.
Le second pilier de la position présidentielle repose sur la justice. Félix Tshisekedi a prévenu que ce processus politique ne signifierait pas l’impunité. La justice suivra son cours « avec rigueur et sans complaisance » pour honorer les victimes de l’agression dont le pays fait l’objet.
Enfin, une ligne rouge infranchissable a été tracée : l’exclusion de tout acteur ayant les mains tachées de sang. « Dialogue, oui. Mais pas avec ceux qui ont commis des crimes envers nos populations », a martelé le président.
Par cette mise au point devant la communauté internationale, Félix Tshisekedi lie désormais indissociablement l’exigence de cohésion nationale à celle d’une justice intransigeante face aux acteurs armés et aux ingérences étrangères. Entre l’appel au rassemblement de Martin Fayulu et les garde-fous de la présidence, le chemin vers un dialogue inclusif est désormais balisé par des enjeux de souveraineté et de redevabilité.
Tenplar Ngwadi
