Les questions qui se posent en matière de recherche, d’enseignement et de service à la communauté au Congo-Brazzaville sont les mêmes qu’en RDC. C’est ce qu’a déclaré le recteur de l’Université de Kinshasa le 20 février 2026, lors de la signature d’un accord avec l’Université Denis Sassou-Nguesso.
Le professeur Jean-Marie Kayembe a estimé que l’Université Denis Sassou-Nguesso devrait envisager, dans un avenir proche, de développer une orientation vers les sciences du développement de l’homme.
Pour le professeur Jean-Marie Kayembe, cette collaboration pourrait, mieux que celle existant jusqu’à présent, favoriser — grâce à la proximité culturelle et géographique qui unit les deux peuples — le positionnement des deux universités comme leaders sur les grandes questions actuelles, notamment le changement climatique, l’utilisation des énergies propres et le développement du Congo.
« Nous avons énormément de choses à apprendre les uns des autres, en toute humilité et dans le respect mutuel de deux peuples qui sont les mêmes ».
De son côté, le vice-président de l’Université Denis Sassou-Nguesso de Brazzaville, le professeur Didace Michel Mvoula Tsieri, s’est réjoui du déroulement des échanges. « Tout s’est bien passé lors de la visite des laboratoires de l’Université de Kinshasa. Nous sommes les deux capitales les plus rapprochées du monde. Nous pouvions avoir des collaborations, mais jusqu’à la signature de cet accord, nous n’avions pas de cadre scientifique permettant de régler un certain nombre de problèmes au niveau de la recherche et de la formation. C’est pour cette raison que nous sommes venus signer un accord de coopération bilatérale entre les deux institutions. Nous sommes très heureux de tout ce que nous avons constaté ».
Cet accord n’est pas limité dans le temps. Il comporte des clauses reconductibles par tacite reconduction.
« Pour nous, nous allons beaucoup travailler ensemble dans le cadre de la coopération, notamment pour la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs ». Avant la signature de l’accord, la délégation de l’Université Denis Sassou-Nguesso a visité les laboratoires de l’Université de Kinshasa, forte de plus de 70 ans d’expérience.
« Nous sommes très impressionnés. Tout ce que nous avons vu dans les laboratoires visités est une source d’inspiration. Ces laboratoires vont travailler avec ceux de l’Université Denis Sassou-Nguesso. Le matériel est disponible. Les étudiants sont responsabilisés dans la recherche. Ils développent eux-mêmes des logiciels, sans aller les chercher en Europe. J’ai vu des étudiants réfléchir et concevoir leurs propres solutions. Cette expérience pourra servir à l’Université Denis Sassou-Nguesso, une université très jeune, car nous avons besoin de leur expérience pour aller de l’avant ».
Le recteur de l’Université de Kinshasa a également souligné que « les deux capitales sont séparées géographiquement par un fleuve. Il était grand temps que ce géant au cœur de l’Afrique — car le Congo est un — se lève réellement pour le développement de nos deux pays. Nous parlons d’une université forte et capable d’apporter ce que l’université a de meilleur pour le développement de nos peuples ».
Une expérience de 70 ans contre 5 ans
Le recteur de l’Université de Kinshasa a rappelé l’adage : « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ».
Dans le cas présent, l’Université de Kinshasa compte 70 ans d’existence, tandis que l’Université Denis Sassou-Nguesso n’a que 5 ans. « Nous allons appliquer cet adage pour éviter que les jeunes regrettent de ne pas savoir et que les plus anciens regrettent de ne pas pouvoir. Nous pensons mutualiser nos efforts et apprendre les uns des autres, en toute humilité et transparence. Nous sommes convaincus de pouvoir bâtir, au cœur de l’Afrique et au-delà des clivages politiques, une coopération scientifique solide. Les scientifiques ont toujours montré leur capacité à surmonter les situations particulières ».
Il a ajouté que « l’écologie et l’écosystème qui nous entourent sont les mêmes. Les questions qui se posent en matière de recherche, d’enseignement et de service à la communauté au Congo-Brazzaville se posent de la même manière, et peut-être même avec plus d’acuité en RDC en raison de la taille de la population. Nous vous promettons de faire de ce partenariat une véritable force au cœur de l’Afrique. »
Conseil du recteur de l’Université de Kinshasa à l’Université Denis Sassou-Nguesso
L’Université Denis Sassou-Nguesso est très jeune et principalement orientée vers les sciences exactes. Mais peut-on parfaire l’homme uniquement par les sciences exactes ? L’Université de Kinshasa dispose, quant à elle, de facultés telles que l’anthropologie, la philosophie et la théologie, indispensables à l’accomplissement intégral de l’être humain.
« Si j’ai un conseil à donner, c’est d’envisager rapidement le développement d’une orientation vers les sciences du développement de l’homme. C’est important. Lors de ma récente visite à Brazzaville, à l’occasion d’un forum, j’ai apprécié l’implication des collectivités, qui ont exprimé clairement leurs attentes vis-à-vis de l’Université, tant en termes de compétences que de programmes de formation ».
Le professeur Jean-Marie Kayembe a souligné que son institution envisage de s’inspirer de ce modèle et de le dupliquer prochainement à Kinshasa afin d’interroger la collectivité et le monde des entreprises, pour vérifier si l’université suit la bonne voie.
« Nous avons énormément de choses à mettre en commun ».
Zacharie Mikunga
