Décédé le 16 janvier 2026 à Ath, en Belgique, Célestin Anzuluni Bembe Isilonyonyi, l’ancien président de l’Assemblée nationale, a reçu les hommages officiels de la République le samedi 31 janvier 2026 à l’Esplanade du Palais du Peuple. La cérémonie s’est déroulée en présence de hautes personnalités du pays, notamment le Chef de l’État, le Président du Sénat, le Vice-président de l’Assemblée nationale ainsi que plusieurs membres du Gouvernement.
Parmi les officiels présents figurait la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, venue honorer la mémoire de cet homme d’État dont le parcours a marqué ses pairs et l’histoire politique de la République Démocratique du Congo.
La présence de la Cheffe du Gouvernement, derrière le Chef de l’Etat, illustre toute la reconnaissance de l’Exécutif national envers quelqu’un qui a consacré sa vie pour représenter et servir le peuple.
Né le 25 février 1943 à Mukera, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, Célestin Anzuluni était licencié en sciences commerciales, administratives et consulaires depuis 1969.

Sa carrière professionnelle débute aussitôt après l’obtention de sa licence en 1969. En 1970, il est recruté à Air Zaïre, compagnie aérienne nationale emblématique, où il exerce pendant sept ans. Il y acquiert une solide expérience en gestion, en assumant notamment les fonctions de directeur financier, au cœur des interactions entre l’administration, l’économie et l’aspect politique.
En 1977, il rejoint l’Office zaïrois de contrôle (OZAC), devenu aujourd’hui l’Office congolais de contrôle (OCC), où il occupe pendant quatre ans le poste d’administrateur financier. Cette étape renforce sa maîtrise des mécanismes de régulation économique, du contrôle des échanges et de la gestion financière de l’État.
Son entrée officielle dans l’arène politique nationale intervient en 1981, lorsqu’il est nommé conseiller financier au cabinet du Premier Commissaire d’État, Nguz a Karl-i-Bond. Cette fonction le place au centre des arbitrages économiques d’un État confronté à de lourds défis, notamment l’endettement extérieur et les programmes d’ajustement structurel. Sept mois plus tard, la démission du Premier Commissaire d’État entraîne la chute du gouvernement.

En 1982, Célestin Anzuluni se présente aux élections législatives et est élu commissaire du peuple — l’équivalent de député national — pour la circonscription de Fizi. Cette victoire marque son retour sur la scène politique locale et confirme son ancrage territorial.
Sa trajectoire parlementaire s’avère ensuite fulgurante. Il devient successivement président de la Commission économique et financière du Parlement, membre du bureau du Parlement (Conseil législatif) en qualité de premier vice-président, avant d’accéder en 1987 à la présidence du Parlement zaïrois (Conseil législatif), fonction qu’il exercera jusqu’en 1994.
Il laisse également une descendance engagée dans la vie publique, notamment son fils Floribert Anzuluni Isiloketshi, actuellement ministre de l’Intégration régionale dans le Gouvernement Suminwa.
La Gazette du Continent
