Le président Umaro Sissoco Embalo a déclaré mercredi avoir été arrêté et l’armée a annoncé avoir repris le contrôle total du pays.
Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi 26 novembre prendre le « contrôle total du pays », « suspendre le processus électoral » et fermer les frontières. Le pays de deux millions d’habitants venait de voter dimanche pour des élections présidentielles et législatives dont les résultats étaient attendus jeudi.
Le candidat de l’opposition à la présidentielle, Fernando Dias, a revendiqué la victoire lundi, affirmant avoir battu le président Umaro Sissoco Embaló dès le premier tour. Ce dernier avait également revendiqué la victoire.
Umaro Sissoco Embaló a déclaré ce mercredi au magazine Jeune Afrique qu’il avait été arrêté et qu’il était la cible d’un coup d’État. Selon le média portugais Publico, cette rébellion serait menée par le général Horta Inte Nan Tan.
Le média portugais ajoute que ce coup d’État est dénoncé par la société civile et les partis d’opposition comme une manœuvre du chef de l’État visant à suspendre le dépouillement des votes pour l’élection présidentielle de dimanche, dont les résultats lui seraient défavorables.
Des tirs à proximité du palais présidentiel
Plus tôt dans la journée, des tirs avaient été entendus près du palais présidentiel et des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest lusophone coutumier des troubles politiques. Cette ancienne colonie portugaise a connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974. La dernière datait de 2022.
Depuis début 2020, Umaro Sissoco Embalo, un ancien général, est le chef de l’État, à la suite d’une présidentielle au résultat contesté par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC), formation dominante depuis l’indépendance.
Albert Toussaint
