Me Jean-Claude Katende appelle à une application équitable de la loi, y compris au sein du parti au pouvoir en réaction du constat du chef de l’Etat sur l’utilisation abusive des réseaux sociaux en République Démocratique du Congo.
Le président de l’Association africaine des droits de l’homme (Asadho), Me Jean-Claude Katende, soutient l’appel du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, invitant le Gouvernement à vulgariser davantage le Code du numérique en République Démocratique du Congo.
Pour le responsable de l’Asadho, cette démarche est pertinente et justifiée au regard des dérives observées sur les réseaux sociaux : insultes publiques, diffusion de fausses informations, exposition de contenus indécents, manque de respect envers les autorités et les institutions, ou encore campagnes de désinformation.
Cependant, Me Jean-Claude Katende rappelle que la crédibilité de cette initiative repose aussi sur la cohérence politique et judiciaire. Il souligne que, durant le premier mandat du Chef de l’État, certains membres de son parti, notamment des figures du courant dit « Parlement debout » au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), s’étaient illustrés par des propos injurieux à l’encontre d’autorités politiques, religieuses ou d’autres citoyens, ainsi que par des prises de position controversées assimilées à de la désinformation — sans être inquiétés ni par leur formation politique ni par la justice.
Selon lui, cette forme de complaisance a contribué à banaliser les excès que l’on déplore aujourd’hui. Il estime que si certains acteurs politiques se permettent des écarts au motif qu’ils appartiennent au parti au pouvoir, cela envoie un signal dangereux à l’ensemble de la société.
Le président de l’Asadho insiste ainsi sur le fait que les membres du parti au pouvoir devraient être des modèles d’intégrité, de courtoisie et de respect envers les autres Congolais ainsi qu’envers les institutions publiques. Il appelle également la justice à appliquer la loi de manière équitable, sans distinction d’appartenance politique.
Pour Me Katende, la vulgarisation du Code du numérique ne produira des effets durables que si elle s’accompagne d’une volonté réelle de faire respecter la loi par tous, dans un esprit d’égalité et de responsabilité.
La Gazette du Continent
