La communauté des Bahunde a un nouveau souverain.
Mwami Kalinda Miteetso II Gauthier a été officiellement intronisé ce mercredi 7 janvier 2026 à Bweremana, au cours d’une cérémonie coutumière marquant sa prise de pouvoir à la tête de la chefferie. Il succède à son père, feu Mwami Kalinda Ndandu Gustave, décédé deux semaines plus tôt, conformément aux règles de succession héréditaire en vigueur dans la dynastie Kalinda.
La cérémonie s’est déroulée en présence des notables coutumiers, des sages, des autorités locales ainsi que de nombreux membres de la communauté. Des rituels traditionnels, des chants et des symboles royaux ont ponctué cette intronisation, consacrant officiellement Mwami Kalinda Miteetso II comme autorité coutumière suprême des Bahunde.
Un pouvoir sacré encadré par la tradition
Dans la culture hunde, la personne du Mwami, également appelé Mubake, est considérée comme sacrée. Selon les travaux du Père Viaene, spécialiste des institutions coutumières du Kivu, le Mwami est à la fois chef politique, juge suprême et intermédiaire entre les vivants et les ancêtres. À ce titre, il préside notamment le grand sacrifice royal, le Mbero, et invoque les ancêtres au nom de la communauté.
Le pouvoir du souverain est cependant strictement encadré par des obligations et des tabous coutumiers, appelés mitsiro. Le Mwami est tenu à l’impartialité dans l’exercice de la justice et ne doit privilégier aucun sujet, quelle que soit sa position sociale. Chaque membre de la communauté peut, en principe, recourir à son arbitrage.
Autorité foncière et responsabilité morale
La tradition reconnaît également le Mwami comme propriétaire symbolique des terres et du gros bétail du royaume. Les sujets en sont les usufruitiers, sous sa protection. En retour, les prémices des récoltes, une partie du cheptel ou des produits de la chasse lui sont traditionnellement offerts.
Cette autorité s’accompagne toutefois d’une exigence éthique forte. Un adage hunde rappelle que « Mwami wa mahiri atema », signifiant qu’un roi violent ou injuste ne peut régner durablement. Le souverain est ainsi tenu de gouverner avec humanisme et retenue.
Vie privée et règles coutumières
La vie personnelle du Mwami est elle aussi régie par des normes strictes. Son épouse constitutionnelle, la Mumbo (reine-mère), est choisie au sein de la famille royale et a pour rôle d’assurer la continuité dynastique. Le Mwami est soumis à plusieurs interdits alimentaires et comportementaux, notamment l’interdiction de manger en public ou de se raser entièrement la tête, pratiques réservées aux sujets ordinaires.
Ces règles visent à préserver le caractère sacré de la fonction royale et à distinguer symboliquement le souverain du reste de la communauté.
Un message axé sur l’unité et le développement
Dans son premier message officiel, recueilli par la presse locale, Mwami Kalinda Miteetso II a promis de gouverner sans discrimination et de placer son règne sous le signe de la paix et du développement. « Toute personne venant de toute part est la bienvenue dans la chefferie des Bahunde. Nous devons développer notre contrée », a-t-il déclaré.
Plusieurs habitants de la chefferie ont salué cette intronisation. Au micro des médias locaux, des administrés ont exprimé leur souhait de voir le nouveau Mwami poursuivre l’œuvre de son père, notamment en matière de cohésion sociale, de paix et de bonne gouvernance coutumière.
La population appelle le nouveau souverain à rester à l’écoute de ses sujets et à œuvrer pour le développement harmonieux de la chefferie.
Avec l’intronisation de Mwami Kalinda Miteetso II, la chefferie des Bahunde ouvre ainsi un nouveau cycle de son histoire, entre respect des traditions ancestrales et attentes contemporaines en matière de gouvernance locale.
Magloire MUTULWA
