Le drame a débuté lundi dernier par des précipitations d’une ampleur inédite, ravageant les municipalités de Juiz de Fora et Ubá, situées dans une région vallonnée. Entre inondations éclair, effondrements de bâtiments et coulées de boue, le bilan humain s’est rapidement alourdi. Dans la nuit de mercredi à jeudi 26 février 2026, un nouvel épisode de précipitations a provoqué de nouveaux glissements de terrain, aggravant une situation déjà critique.
Dans les quartiers les plus touchés, comme celui du Parc Burnier à Juiz de Fora qui déplore à lui seul 12 morts et 8 disparus, la panique est totale. « Le ravin s’est encore davantage effondré et la protection civile nous a demandé d’évacuer », a confié à l’AFP Luiz Otavio Souza, 35 ans, dont le neveu est porté disparu. « On dirait un film d’horreur », ajoute-t-il, en larmes.
À l’aube, dans le quartier de Três Moinhos, trois maisons vides ont été totalement ensevelies. Dans la précipitation, de nombreux habitants ont dû abandonner leurs biens et leurs animaux de compagnie. Sur place, des bénévoles du Groupe de secours d’animaux lors de catastrophes naturelles (Grad) s’activent pour sauver chiens et chats des décombres.

Les chiffres enregistrés par l’Institut national de météorologie témoignent de la violence du phénomène. À Juiz de Fora, il est tombé 229,9 mm de pluie entre dimanche et mardi. Sur l’ensemble du mois de février, le cumul atteint 579 mm, soit un volume 240 % supérieur à la moyenne saisonnière.
Pour le météorologue Carlos Nobre, ce déchaînement est étroitement lié au réchauffement climatique. « L’atmosphère dispose de plus d’énergie », explique-t-il, précisant que la rencontre d’un front froid et d’un océan Atlantique très chaud a favorisé une évaporation massive et la formation de cumulonimbus dévastateurs.
Cette catastrophe s’inscrit dans une série noire pour le Brésil. En 2024, le sud du pays avait déjà été frappé par des inondations historiques ayant fait plus de 200 morts et deux millions de sinistrés. Alors que les prévisions météorologiques annoncent la poursuite des pluies jusqu’au week-end, l’heure reste à l’urgence et à la mise à l’abri des populations dans le Minas Gerais.
Tenplar Ngwadi
